Aéroport: Raitt refuse de rencontrer le maire Sévigny

Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny et le maire de Montréal Denis Coderre élaboreront une stratégie pour accentuer la pression visant la désignation de l'aéroport de Sherbrooke. Étant régulièrement en contact, les deux élus n'ont pas l'intention de baisser les bras.
Lors de son passage à Sherbrooke il y a deux semaines, Denis Coderre avait affirmé qu'il se ferait le porteur du dossier lors du caucus des maires des grandes villes de la Fédération canadienne des municipalités, qui se tient cette semaine. « Nous n'attendrons pas d'être là. Nous pourrons écrire une lettre conjointe », avait-il affirmé.
Les deux maires ont finalement conclu de ne pas envoyer de lettre à la ministre des Transports Lisa Raitt pour le moment. « M. Coderre veut que l'aéroport de Montréal redevienne une plaque tournante au pays en y augmentant l'affluence. La présence d'un aéroport fonctionnel à Sherbrooke cadre parfaitement dans les stratégies qui pourraient favoriser le développement à Montréal. Nous nous sommes assis ensemble jeudi dernier et nous avons convenu que nous devions nous parler bientôt pour nous donner une stratégie à court terme. Nous nous reparlerons d'ailleurs prochainement. »
Pendant ce temps, la communication avec la ministre Raitt demeure difficile. Le 24 septembre dernier, le maire Bernard Sévigny avait acheminé une lettre au bureau de la ministre pour réclamer une rencontre. La réponse est arrivée plus de deux mois plus tard, le 13 décembre, dans une lettre dont La Tribune a obtenu copie.
La lettre en question n'a été rendue publique que la semaine dernière, un délai que justifie Bernard Sévigny. « Nous voulions que la Corporation de développement de l'aéroport en prenne connaissance en priorité. »
« Les représentants de Transports Canada examinent actuellement quelles sont les options qui pourraient s'offrir aux aéroports souhaitant se prévaloir des mesures de contrôle de l'ACSTA. Il serait donc prématuré d'organiser une rencontre avant que ceux-ci n'aient eu la possibilité d'examiner à fond cette question », écrit la ministre Lisa Raitt.
Mme Raitt indique également que de nombreuses collectivités ont présenté une demande semblable à celle de Sherbrooke et que par souci d'équité, elle ne peut « apporter des modifications législatives et réglementaires de façon ponctuelle ».
« C'est décevant, réagit Bernard Sévigny. Ce qu'on plaide depuis le début dans le dossier c'est qu'on est un cas particulier. Surtout quand on sait qu'il y a eu des audiences publiques à Newport à la mi-décembre pour le développement d'un aéroport. C'est décevant d'être traité comme n'importe quelle autre municipalité alors qu'il y a vraiment un impact économique ici. Nous n'en sommes pas à une déception près avec l'aéroport et ce n'est pas parce que nous n'essayons pas. La réceptivité est limitée. »
M. Sévigny n'a par ailleurs eu aucune réponse, pas même un accusé de réception, à une nouvelle lettre acheminée en janvier et qui portait cette fois la signature de 14 maires de la région.
Président de la Corporation de développement de l'aéroport de Sherbrooke, Julien Lachance se dit lui aussi déçu. « Nous avons assez d'éléments pour continuer à travailler. Personne ne baisse les bras. Newport est un de ces éléments. Si les États-Unis veulent se servir de leurs aéroports comme outils de développement économique, nous devrions réagir. Nous continuerons de talonner Transports Canada pour qu'ils comprennent bien les enjeux. »
M. Lachance se dit persuadé d'en arriver à un résultat avant les prochaines élections fédérales.