Lisa Raitt

Aéroport: nouvelle réponse laconique de Lisa Raitt

La ministre des Transports Lisa Raitt a répondu à la lettre que lui avaient acheminée 14 maires de la région concernant l'aéroport de Sherbrooke. La réponse à la missive envoyée dans la semaine du 12 janvier est arrivée au cabinet de la mairie à la fin du mois de février. Son contenu ne permet toujours pas aux élus d'alimenter quelque espoir que ce soit.
« Veuillez excuser le retard avec lequel vous parvient la présente réponse », commence la ministre dans la lettre dont La Tribune a obtenu copie.
« Il importe de noter que les services de contrôle de sûreté de l'Administration canadienne de sûreté du transport aérien (ACSTA) ne sont pas un programme d'infrastructure ou de développement économique. La mission de cet organisme est de protéger le public en assurant la sûreté des aspects critiques du système de transport aérien », écrit-elle.
« Les services de contrôle de sûreté de l'ACSTA ne constituent pas une exigence pour qu'un aéroport puisse offrir des activités aériennes commerciales au Canada », précise laconiquement Mme Raitt, citant en exemple 200 aéroports commerciaux canadiens qui exploitent des vols commerciaux sans les services de l'ACSTA.
« Le contexte de réglementation de la sûreté au Canada ne limite pas les occasions de croissance économique, ce qui n'aurait pas lieu d'être si c'était le cas. [...] Bien que les déplacements de passagers et de bagages sans contrôle de sûreté dans l'environnement sécurisé ne soient pas sans comporter des défis, il existe des solutions. De tels déplacements sont effectués à certains aéroports du Canada avec de bons résultats » complète la ministre Raitt.
Déception
Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny a une nouvelle fois exprimé sa déception devant la réponse de la ministre des Transports. « C'est toujours aussi décevant. Quand on nous dit qu'un service de sécurité dans un aéroport n'est pas un outil de développement économique et que les vols commerciaux peuvent avoir lieu entre deux aéroports sans ces services de sécurité, c'est de la rhétorique. Dans la vraie vie, ce qui bloque le projet, c'est le système de sécurité. C'est ce qui nous empêche de développer nos entreprises et d'entraîner des événements majeurs à Sherbrooke. Et dans la vraie vie, les compagnies aériennes n'aiment pas transporter leurs passagers du point A au point B et les obliger à ressortir de l'aéroport pour subir des contrôles de sécurité. »
M. Sévigny entend donc reprendre les pressions sous peu. « On travaillera avec Denis Coderre, qui nous a assuré de sa collaboration. On reviendra à la charge. Je sais qu'ils travaillent sur une nouvelle catégorie d'aéroports désignés. On va en voir la mouture probablement avant les prochaines élections », ajoute-t-il, s'attendant à des annonces lorsque la campagne fédérale sera amorcée.
« Ce qu'il reste à faire, c'est des pressions additionnelles. En matière de sensibilisation, on est allés assez loin. On a parlé à tous les sénateurs du Québec. On a interpellé les ministres et on reçoit encore des réponses laconiques d'Ottawa. On tourne en rond. On essaie d'avoir des réponses. Quand on fait de la politique, c'est pour faire arriver les choses. Quand on sent qu'on tourne en rond pour des dossiers comme celui-là, c'est incompréhensible. Il y a des questions politiques derrière ça et c'est extrêmement décevant. »