Aéroport: le «plan B» avance avec Burlington

Pendant que la ministre Lisa Raitt montre de l'ouverture pour une nouvelle forme de désignation à l'aéroport de Sherbrooke, les négociations vont bon train avec l'aéroport de Burlington. Le « plan B » vers lequel Sherbrooke pourrait se tourner paraît séduisant même si aucune entente n'est signée.
Le maire Bernard Sévigny a notamment confié qu'un comité de travail avait été mis sur pied pour évaluer toutes les implications d'un possible partenariat. Une fois les formalités réglées, il resterait à dénicher un transporteur aérien.
« Contrairement à ici, où il faut la désignation absolument pour avoir les services d'un transporteur, aux États-Unis, ça se fait un peu conjointement. On veut s'assurer d'abord que c'est faisable avec Burlington, avec les agences de sécurité, les douanes. Ensuite, nous discuterons avec les transporteurs. »
Le scénario le plus probable serait celui d'une compagnie aérienne qui proposerait une extension sur une liaison existante, Burlington-New York par exemple. « Le lien doit se faire dans l'extension d'un autre trajet. Le contrôle de douanes se ferait à Burlington. On nous déposerait dans une zone non sécurisée et il faudrait repasser tout le processus. À Burlington, comme c'est petit, on passerait le service de sécurité rapidement. Ce ne serait pas trop lourd. Dans la mesure où on parle d'appareils de moins de 30 passagers, ce ne serait pas très contraignant. C'est faisable des deux côtés. La douane n'est pas une question majeure dans le dossier. On se dit que c'est jouable. »
Selon Bernard Sévigny, les négociations avec Burlington ne faisaient pas partie de la stratégie de départ pour faire plier la ministre Raitt. « Le premier réflexe n'était pas de se tourner vers Burlington. On le fait parce qu'ils nous ont approchés et qu'ils souhaitaient faire de la business avec Sherbrooke. On aurait développé d'abord l'accès au marché canadien et par extension le marché international. »
Le plan B pourrait devenir le plan A, ou à tout le moins une façon d'assurer un développement parallèle. « Il y a le marché canadien et international et il y a le marché américain. Je pense que le marché est suffisant pour avoir une clientèle pour les États-Unis et une autre pour Toronto, par exemple, qui est une destination d'affaires. »
Dans tous les cas, M. Sévigny affirme qu'il faudrait au moins un vol par jour. Le développement se ferait de façon progressive. Si les investissements totaux pour la mise à jour de l'aéroport sont évalués à 30 M$, dont le tiers proviendrait de la Ville, il est hors de question de procéder à tous les investissements d'un coup.
« Du moment qu'il y aura un service commercial, il faudra adapter l'aéroport pour accueillir les passagers. Il faudra un investissement de départ, mais nous ne construirons pas un nouveau terminal demain matin. Nous nous donnerons 12 ou 24 mois pour préparer un projet d'infrastructures qui sera adapté à la réalité. Notre projet est lié à la viabilité d'un service. Si ça va bien, on ira en phases pour développer l'aéroport et investir. »
Il en coûte présentement 200 000 $ par année pour les activités de l'aéroport. Le maire souhaite que les services commerciaux permettent d'en venir à gestion à coûts nuls...
M. Sévigny affirme enfin que la Ville a maintenu les contacts avec un transporteur potentiel au Canada. « L'intérêt est encore là, mais nous avons à livrer une forme de désignation pour pouvoir discuter plus sérieusement et renégocier l'entente. »