Aéroport: la ministre Raitt entrouvre une porte

Nouveaux espoirs dans le dossier de l'aéroport de Sherbrooke. Presque un an jour pour jour après que le maire Bernard Sévigny eut essuyé un refus de Transports Canada pour que l'aéroport soit désigné par l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), la ministre des Transports Lisa Raitt a démontré son ouverture pour une solution de rechange.
<p>Lisa Raitt</p>
Dans une lettre datée du 24 juin, dont La Tribune a obtenu copie, Mme Raitt indique que « le gouvernement est déterminé à s'assurer que le système de sûreté aérienne du Canada soutienne la croissance économique sans lui nuire. À mon avis, si les services de contrôle étaient offerts dans les aéroports non désignés, où le contrôle n'est pas nécessaire aux fins de sûreté, une autre source de fonds devrait être trouvée ».
Dans une précédente correspondance, datée du 6 septembre 2013, Mme Raitt faisait valoir que « les services de contrôle de sûreté de l'ACSTA ne sont pas un programme d'infrastructure ou de développement économique ».
En juin, la ministre ajoute qu'elle a demandé aux représentants de son ministère « d'établir un mécanisme permettant aux aéroports non désignés et à faible risque, comme l'aéroport de Sherbrooke, d'obtenir des services de contrôle de sûreté selon le principe du recouvrement des coûts ». Elle ajoute que la mise en oeuvre de ce mécanisme pourrait prendre un certain temps, des changements législatifs étant nécessaires.
<p>Bernard Sévigny</p>
Le maire Bernard Sévigny, heureux et un peu surpris de cette nouvelle ouverture, constate que l'orientation que semble vouloir emprunter Mme Raitt est précisément celle qu'il avait proposée... il y a un an. « Au-delà de ce qui est perçu sur le billet d'avion pour les services, s'il y a un coût supplémentaire pour les services de sécurité, nous sommes prêts à compenser la différence. C'est ce que nous disions l'an dernier. À tout le moins, il y a la reconnaissance de ce que nous faisions valoir. Ça ne nous donne pas la désignation demain matin, mais la porte est ouverte. Il y a une lueur d'espoir qui n'existait pas jusqu'à tout récemment », précise-t-il.
M. Sévigny a donc suggéré que Sherbrooke soit l'objet d'un projet-pilote. « Oui, il y a une volonté de créer une nouvelle catégorie d'aéroports. Nous pourrions contribuer rapidement à en valider les paramètres. J'ai donc réitéré notre volonté d'être considérés pour procéder rapidement à un projet-pilote. »
Interrogé à savoir d'où provient le changement de ton de la ministre, le maire tente une explication. « Il vient fort probablement des pressions de plusieurs villes canadiennes qui demandent toutes les services de l'ACSTA. Ça m'étonnerait que l'annonce de notre travail avec Burlington ait forcé la ministre à ouvrir. Ce serait un peu prétentieux. »
Dans sa réponse à Lisa Raitt, Bernard Sévigny rappelle son intérêt pour une nouvelle forme de désignation. Il s'inquiète toutefois des délais nécessaires pour apporter les changements nécessaires à la législation. « Je suis préoccupé par le fait que la notion du temps à laquelle vous faites référence est exactement la même qu'il y a un an », écrit-il.
« Vous comprendrez que tout délai supplémentaire a des impacts négatifs sur le développement de nos entreprises et l'accueil d'événements sur notre territoire et dans notre région », ajoute-t-il.
En dressant le bilan de la dernière année et des actions menées pour faire avancer le dossier, Bernard Sévigny retient le positif. « La conséquence de tout ça, c'est que la population est prête. L'opinion publique de façon générale s'est ralliée au projet. Il y a un an, on en parlait moins. »