Philippe Desrochers peut effectuer du traitement de texte à l'aide d'un logiciel de traitement de texte et d'une souris spéciale contrôlée par le pouce, le seul doigt dont il peut se servir.

À chacun son petit exploit

On jurerait avoir déjà vu le même scénario à la télévision. Dans un film ou un documentaire. Un groupe de jeunes ayant une déficience intellectuelle ou un handicap physique. Des animateurs qui se démènent pour les divertir et mettre à profit leurs principales qualités afin de les valoriser. Le résultat? Une scène plus qu'impressionnante.
L'Association sportive des jeunes handicapés de l'Estrie (ASJHE) mise en effet sur le travail d'équipe lors de ses ateliers. Mais pas n'importe lequel."On tente toujours de repérer les forces de nos participants, explique le coordonnateur Ghislain Lemay. Présentement, les plus jeunes font de la couture et du bricolage. Chacun amène sa contribution dans le but de réaliser une pièce ou une oeuvre. C'est toujours amusant et ça crée du même coup un sentiment d'appartenance chez eux."
Autre exemple, lors du dernier atelier culinaire, les participants devaient préparer une sauce à spaghetti. Rien de plus banal, à première vue. Mais pour certaines personnes handicapées, cela représente tout un défi.
Assis dans son fauteuil roulant, Philippe Desrochers a d'abord distribué la recette qu'il avait lui-même retranscrite à l'aide d'un logiciel de traitement de texte et d'une souris spéciale contrôlée par le pouce, le seul doigt dont il peut se servir.
De son côté, Audrey Cartier semblait aussi bien heureuse d'avoir contribué à la préparation du plat exquis.
"Moi, je rinçais les légumes. Étant donné que je suis en fauteuil, je ne pouvais pas être au four!" informe-t-elle.
Lors de la semaine de relâche, cette dernière faisait partie des cinq jeunes inscrits aux ateliers offerts par l'ASJHE.
"C'est une pause bien méritée, lance l'étudiante de 19 ans. On s'amuse bien ici et en plus, on apprend tous les jours!"
S'ils effectuent un peu de bénévolat pour différents groupes ou pour l'ASJHE, les membres des ateliers se divertissent aussi, bien sûr.
Et quand vient le temps de pratiquer certains sports, les animateurs doivent faire attention de bien choisir le rôle de chacun: celui qui peut courir court, celui qui peut lancer lance et celui qui se distingue dans les attrapées... attrape!
Tout ça finit, bref, par donner un jeu admirable et authentique, avouons-le. Gageons finalement que les participants n'ont pas perdu de temps pour partager tous ces petits exploits avec leurs camarades de classe, une fois revenus à l'école.
Un camp à l'année
Si l'ASJHE tient déjà son camp d'été et ses ateliers durant la semaine de relâche, elle espère maintenant proposer des activités à l'année.
D'ailleurs, le coordonnateur Ghislain Lemay profite de la tenue de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, présentée du 7 au 13 mars, pour inviter les gens à contribuer au succès de l'organisation.
"On est à la recherche de sous-traitants pour nos activités de bénévolat, laisse-t-il savoir. On aide déjà la compagnie Polycrylic dans sa fabrication de trophées, mais on aimerait en trouver d'autres. Puis si l'Association souhaite offrir un camp à l'année, il faudra attirer plus de participants et engager un employé permanent. C'est ce que l'on souhaite faire!"