90 jours de prison: l'Association des signaleurs est stupéfaite

Le président de l'Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ) est tombé en bas de sa chaise lorsqu'il a appris qu'un juge venait de donner une peine de 90 jours d'emprisonnement à Christian Nadeau, un chauffard accusé d'avoir heurté un signaleur dans l'exercice de ses fonctions.
«Nous croyons sincèrement que la justice a deux côtés, fulmine Jean-François Dionne. Si M. Nadeau avait frappé un policier, il aurait eu une sentence plus sévère.»
Selon lui, il est impératif de protéger davantage les signaleurs routiers et ça passe par une législation plus sévère, surtout lorsqu'ils sont victimes d'un acte criminel comme ce fut le cas dans ce dossier.
«Pourquoi le juge et le procureur n'ont-ils pas fait valoir que le signaleur est sous la même loi qu'un brigadier ou un policier quand il est en fonction pour le contrôle de la circulation? Faudra-t-il davantage de blessés graves ou de décès avant que la justice protège mieux nos travailleurs?» M. Dionne estime que tout l'argent investi par le ministère des Transports pour sécuriser le travail des signaleurs est dépensé inutilement si la justice ne fait pas son travail en valorisant le rôle joué par ces travailleurs sur un chantier.
«À Québec, un chauffard a récemment reçu une absolution inconditionnelle assortie d'une amende de 2000 $ pour avoir heurté un signaleur. C'est ridicule», clame-t-il.
Rappelons que le 29 janvier 2013 en matinée, Christian Nadeau circulait dans une zone de travaux avec un taux d'alcoolémie quatre fois trop élevé lorsqu'il a heurté le signaleur Michel Girard à un bras, lui causant des blessures qui l'ont mis en congé forcé pendant une longue période de temps.
Nadeau a été condamné à 90 jours de prison à être purgés les week-ends et ne pourra conduire un véhicule automobile pour une période de deux ans.
ypoisson@latribune.qc.ca