72 000 $ pour un accouchement aux É-U

Une Sherbrookoise s'est retrouvée avec une facture de 72 000 $ après avoir été obligée d'accoucher aux États-Unis.
Enceinte de 32 semaines et incapable de trouver un assureur pour lui permettre de voyager en toute tranquillité d'esprit en dépit de l'approbation de son médecin traitant, Annie Maréchal s'est tout de même envolée vers Miami avec deux amies pour y passer la semaine du 6 au 13 janvier au soleil.
« J'ai fait un suivi de grossesse avec mon médecin et elle m'a confirmé qu'il n'y avait pas de problème. On se demandait si j'étais réellement enceinte tellement tout se passait bien. Un accouchement prématuré était loin d'être une option au Québec, alors ça l'était encore moins à l'étranger », explique-t-elle.
Qu'à cela ne tienne, si le petit Damien n'était pas attendu avant le mois de mars, celui-ci n'en a pas moins décidé autrement en cours de route. La veille de son retour au Canada, les eaux de la jeune femme de 24 ans ont crevé durant la nuit, chamboulant du même coup le scénario initialement planifié.
« Ça m'a réveillée. C'est sûr que j'ai pensé aux assurances et qu'il fallait que je revienne au Québec, parce que je voulais accoucher auprès de mes proches, de ma famille, mais à 33 semaines de grossesse, il fallait surtout penser à ma santé et à celle de mon bébé. »
Mme Maréchal s'est donc vue contrainte de recevoir les soins hospitaliers américains pour accueillir le nouveau-né, un poupon de 17 pouces pesant 4,4 lb né à 22 h 14 le 12 janvier, quelques minutes seulement après que le père, Jonathan Gendron, soit parvenu au centre hospitalier in extremis en provenance de l'aéroport de Montréal.
Étant donné l'état prématuré du nouveau-né, ce dernier a dû cependant recevoir des soins particuliers qui ont fait grimper la facture rapidement, à un point tel que les services consulaires canadiens ont jugé préférable que la famille soit rapatriée au Canada par le biais d'un avion-ambulance au coût de 26 600 CAD $ plutôt que de continuer à être soignée en Floride. Un montant qui s'est ajouté aux 44 000 CAD $ déjà engrangés à l'hôpital.
« Il va falloir payer », se résout Mme Maréchal qui n'entend pas baisser les bras.
« Je suis une personne assez positive dans la vie et on essaie de regarder ça positivement. C'est la naissance de mon fils après tout. Nous sommes toujours en négociation avec l'Hôpital de Miami alors lorsque ce sera terminé, nous allons nous asseoir et analyser les options qui s'offrent à nous », ajoute-t-elle.
Inutile de dire qu'avec du recul, la nouvelle maman ferait les choses différemment.
« C'est sûr que je n'y retournerais pas, a-t-elle confié. J'ai eu un super bel accouchement, mais je n'ai pas pu en profiter. »
Une aide lancée
Sur Internet, des proches de la famille Gendron Maréchal se sont mobilisés pour les soutenir dans cette épreuve. Une amie du couple, Jessika Wilson, a notamment lancé une campagne de financement en ligne par le biais du lien https://fundrazr.com/campaigns/agT4b pour obtenir l'aide de la population. En date d'hier, la campagne avait permis de recueillir 3487 $ en don pour la famille, un montant qui demeure toutefois bien loin des 72 000 $ nécessaires pour éponger la totalité de la facture.