Le ministre Pierre Moreau et la mairesse Colette Roy Laroche

40 M$ à Lac-Mégantic: des questions subsistent

Sur leur édifice tout neuf de la Promenade Papineau, Pierre Boulet et Julie Roy ont procédé lundi  à l'installation de la vieille enseigne en bois de leur Berge glacée de la rue Frontenac, le dernier vestige de leur bar laitier du centre-ville de Lac-Mégantic. Tout sourire de voir pouvoir apposer ce précieux souvenir sur leur nouvelle réalité, les commerçants se posent encore quelques questions à la suite de l'annonce du ministre Pierre Moreau, dimanche, qui a promis une aide supplémentaire de 60 M$ pour la relance.
De cette somme, 37 M $ serviront à réparer l'iniquité économique entre les propriétaires des bâtiments qui ont brûlé le 6 juillet 2013 et ceux qui sont encore debout, mais prisonniers de la zone rouge. Pierre Boulet et Julie Roy, pour leur part, sont toujours propriétaires de l'ancien local de la SAQ et du terrain sur lequel reposaient les fondations de leur bar laitier.
«On demande juste à ce que ce soit équitable; il ne faut pas qu'il y ait d'enrichissement. Le but c'est de remettre les choses dans l'état qu'elles étaient», juge Julie Roy.
«J'espère aussi que ça ne prendra pas un an», finit-elle par laisser tomber, se rappelant les promesses faites à de nombreux commerçants qui ont aujourd'hui déchanté devant la lenteur des progrès.
Le couple fait partie des propriétaires de la zone rouge qui seront rencontrés individuellement cette semaine par des représentants de la Ville et du gouvernement. Ils ont hâte de connaître les modalités qui seront considérées dans une éventuelle offre d'achat, mais une offre à la juste valeur marchande serait déjà un pas en avant.
Le commerçant Denis Bolduc, lui aussi sinistré du 6 juillet, n'a pas pris de décision quant à l'avenir de son édifice à cinq revenus situé au centre-ville.
«Ça dépend des assureurs et des institutions financières, dit-il. Il faut voir si c'est encore avantageux d'être là.»
Toutefois, son magasin de chaussures et de vêtements fonctionne plutôt bien sur la Promenade Papineau. Le nouveau look de sa boutique y est pour quelque chose, selon lui.
«Quand tu es fier de ton immeuble, que tu y mets des améliorations, tu veux le garder. Je ne regarde plus en arrière, c'est fini», assure-t-il.
Quant aux rumeurs selon lesquelles tout devra être rasé au bénéfice de nouvelles constructions au centre-ville, le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau avait tranché la question en point de presse. Les négociations entre les autorités publiques et les particuliers se feront de gré à gré.
«Si les propriétaires désirent demeurer propriétaires de leur terrain en vue de la reconstruction, il n'y a pas de nécessité de racheter les terrains. Essentiellement, nous donnons les outils nécessaires à la municipalité pour rencontrer chacun des 37 propriétaires afin de voir ce qu'ils souhaitent faire et de quelle manière ils peuvent être indemnisés», avait précisé le ministre Moreau.