Luc Gaudreau

360 000 $ pour des chercheurs de l'UdeS

Trois chercheurs en oncologie de l'Université de Sherbrooke ont reçu une subvention de 360 000 $ de la Société de recherche sur le cancer. Ces trois projets de recherche ont été sélectionnés parmi 269 demandes de subvention au pays en 2013.
Les bourses, d'une valeur de 120 000 $ chacune, ont été remises mercredi aux professeurs Robert Day, Nicolas Gévry et Luc Gaudreau. Les recherches de MM. Day et Gévry s'intéressent au cancer de la prostate alors que M. Gaudreau est chercheur en environnement-cancer.
Les travaux de Dr Day concernent le dépistage du cancer le plus meurtrier chez l'homme. Actuellement, les médecins utilisent une protéine nommée antigène prostatique spécifique (APS) pour détecter les cellules cancéreuses. Or, l'APS ne fait pas consensus dans la communauté médicale lorsqu'il s'agit de détection précoce. Son équipe et lui se sont donc penchés sur l'enzyme PACE4 puisqu'elle est surexprimée lorsqu'il y a un cancer de la prostate.
Une découverte récente a permis aux chercheurs de distinguer une forme de cette enzyme spécifique aux cellules tumorales. « C'est une découverte très excitante, affirme-t-il. Ce que nous voulons, c'est développer un essai pour distinguer ces deux formes-là chez les patients et ainsi avoir une façon de détecter les cellules cancéreuses de façon précoce ou tout au long de la maladie. » Puis, en combinaison avec d'autres technologies, le Dr Day espère être apte à déterminer rapidement si un patient est aux prises avec une tumeur agressive, ce qui a une influence sur le traitement médical.
De son côté, Nicolas Gévry s'intéresse aux mécanismes qui impliquent les hormones stéroïdiennes. « On travaille sur une protéine qui s'appelle UTX et qui semble jouer un rôle important dans le cancer de la prostate. On voit qu'elle est beaucoup plus présente dans les cellules tumorales, c'est donc dire qu'elle aurait un rôle à jouer dans la progression du cancer. Nous désirons donc déterminer le rôle de la protéine dans la croissance des cellules tumorales », explique le biologiste moléculaire
Impact des pesticides
Finalement, Luc Gaudreau travaille sur l'impact des pesticides dans le développement des cancers. S'ils n'ont pas d'effet à court terme, les pesticides peuvent néanmoins augmenter les chances de développer un cancer à long terme. « Le pesticide ne fait pas de mutation dans l'ADN, mais il peut activer d'autres voies de signalisation qui mènent indirectement à la même chose. En perturbant d'autres voies cellulaires, le pesticide arrive au même résultat que la mutation », soutient le professeur de biologie.
Pour ces trois chercheurs, l'obtention d'une subvention était une grande réjouissance. Par exemple, la somme de 120 000 $ qu'a obtenu Luc Gaudreau assurera le fonctionnement de 15 à 20 % de son laboratoire pour les deux prochaines années. « C'est très significatif », lance-t-il.
En 2013, la Société de recherche sur le cancer a octroyé 11,5 M$ à plus de 50 nouveaux projets de recherche, ce qui porte à 120 le nombre de projets en cours financé par la Société. L'attribution des subventions est déterminée par un comité indépendant d'experts. L'évaluation des projets est basée uniquement sur l'excellence et le mérite scientifique considéré comme le point de référence international pour assurer la plus haute qualité dans la recherche scientifique.