200 personnes répondent à l'appel du comité de relance au Collège Rivier

« La fermeture de l'école nous a été annoncée le 11 avril, le mouvement de solidarité a débuté la même journée, voilà une chose à laquelle les religieuses ne s'attendaient pas », a déclaré d'entrée de jeu Chantal Ladouceur, membre du comité de relance, enseignante et ancienne élève du Collège Rivier. « Nous sommes une institution vieille de 144 ans, ça ne peut pas s'arrêter là! »
Le comité de relance avait d'ailleurs pris soin d'énumérer les écoles relevant des Soeurs de la Présentation de Marie qui, depuis 2004, s'étaient vu montrer la porte et l'avaient docilement prise. Coaticook n'entendait sûrement pas s'ajouter à la liste et près de 200 parents et élèves ont répondu à l'appel du comité de relance, lors de la réunion tenue mardi soir.
Un comité de relance formé d'enseignantes, de mamans d'élèves, d'anciennes élèves et de membres du personnel moralement soutenues par un directeur général que la communauté religieuse avait pris soin de museler.
La fermeture surprise est d'autant plus déconcertante que, d'une part, l'entente écrite établie entre les Soeurs de la Présentation de Marie et le Collège Rivier venait à échéance en 2015. D'autre part, la planification stratégique, à laquelle les Soeurs de la Présentation de Marie avaient adhéré, prévoyait une relève institutionnelle en 2018. Les enjeux étaient clairs et les joueurs connaissaient les règles du jeu. Mais voilà, le poids des années semble avoir eu gain de la volonté des religieuses à soutenir une cause qui leur pèse visiblement de plus en plus, à savoir un bâtiment lui aussi vieillissant et une situation financière précaire en raison du creux de vague démographique.
Or, le comité de relance n'achète ni l'un, ni l'autre. « Les correctifs qui avaient été demandés en février 2014 ont été apportés. Pour le reste, le bâtiment n'est pas assujetti aux nouvelles normes en vigueur, puisqu'il relève de l'ancien code du bâtiment, c'est-à-dire à la date où les derniers travaux majeurs ont été effectués en 1987 », a tenu à préciser Caroline Roy, laquelle avait fait appel à un directeur technique afin de valider ledit rapport. I
« Il faut comprendre que ce ne sont pas les assurances qui ont commandé ce rapport, mais un architecte mandaté par les religieuses. » Selon le comité de relance, cette démarche visait, entre autres, à rendre caduque l'entente signée entre les deux parties, car à défaut de pouvoir assurer la sécurité des occupants, le bâtiment devait systématiquement être fermé. « Personne n'est en danger », a affirmé Mme Roy.
Quant à la situation financière précaire advenant une baisse importante d'élèves et contrairement au seuil critique de 225 élèves, le comité de relance affirme qu'avec une projection réaliste de 130 élèves pour l'année 2014-2015, le Collège Rivier génèrerait un surplus budgétaire. Or, il convient de souligner que la communauté religieuse verse annuellement un don équivalent à 8 % de la masse salariale et qu'elle éponge les manques à gagner des années déficitaires. « Différents scénarios et plans budgétaires ont déjà été établis en préparation de la relève institutionnelle en 2018, partage Chantal Ladouceur. La seule chose qui nous manque c'est le temps de les mettre en place et c'est ce que nous allons négocier. »
Soucieuses de s'adresser aux autorités décisionnelles les plus influentes des Soeurs de la Présentation de Marie, les membres du comité de relance se sont adressées à la Supérieure provinciale, Sr Clémence Moreau, et « à la top du top » pour reprendre les propos de Marie-Ève Coutu, la Supérieure générale Mère Angèle Dion, laquelle réside présentement en Italie. Une rencontre est prévue le jeudi 24 avril à 13 h 15 à Montréal avec Sr Clémence. Deux principaux points seront à l'ordre du jour lors de cette rencontre : le prix de vente du bâtiment et l'obtention d'un délai « raisonnable et réaliste. » Quant à Mère Angèle, elle n'était pas au courant. « Sr Angèle s'est montrée très sensible à notre cause et nous sommes plutôt confiants de ce côté », a partagé Mme Coutu.