Une action citoyenne a eu lieu hier en face d'une succursale de la SAQ à Sherbrooke alors que les membres du comité racinois Opération Verre-Vert dénonçaient que les bouteilles vendues à la SAQ ne soient pas consignées.

200 millions de bouteilles à la poubelle

Plus de 100 000 tonnes de verre se retrouvent chaque année dans les sites d'enfouissement québécois. Selon le comité Opération Verre-Vert de Racine, le Québec ne peut se permettre un tel gaspillage financer et environnemental. La solution est simple, disent-ils : consignons les 200 millions de bouteilles vendues chaque année par la Société des alcools du Québec (SAQ).
À Racine seulement, les citoyens ont récupéré 450 caisses de bouteilles vides durant le temps des Fêtes, soit près de 6000 au total. Elles seront toutes envoyées à Saint-Jean-sur-Richelieu chez 2M Richelieu.
«C'est comme ça depuis 24 ans, la SAQ ne recycle tout simplement pas son verre», déplore l'un des organisateurs de l'Opération, Jean-Claude Thibault.
À ce chapitre, le Québec et le Manitoba font d'ailleurs figure d'exceptions au Canada. Toutes les autres provinces recyclent leur verre, prétend M. Thibault. Et surtout, ils le font à peu de frais.
En Ontario, instaurer un système de consignes pour les bouteilles de vin a coûté 20 millions de dollars pour deux fois plus de bouteilles vendues. «À la SAQ, ils disent que ça coûterait entre 40 et 60 millions $», s'indigne-t-il.
Les conséquences débordent du plan environnemental. Au Québec, 80 % des contenants en verre non consignés que l'on retrouve dans le bac de récupération proviennent de la SAQ, soit l'équivalent de 100 000 tonnes de verre.
Or, pour chaque tonne de verre de qualité vendu à 80 $, le Québec pourrait récupérer 8 millions $.
Dans la réalité, le Québec paie plutôt pour se débarrasser de tonnes de verre contaminé, dénonce encore M. Thibault.
Selon les calculs du comité Opération Verre-Vert, il en coûterait entre 180 000 $ et 200 000 $ par année au centre de tri régional de l'Estrie pour se départir du verre qu'il n'est pas capable de trier.
C'est en voyant des camions de transport écraser les contenants de verre contenus dans le bac de récupération que les Racinois ont décidé d'agir.
«Au Québec, on ne peut surtout pas parler de collecte sélective, soutient M. Thibault. Il n'y a rien de sélectif là-dedans.»
Ce qu'il faudrait, c'est séparer le verre avant de le mettre à la récupération. «Sinon, en se brisant, le verre contamine tout le reste et fait perdre de sa valeur au verre», explique-t-il.