Le Parc éolien communautaire du Granit pourra voir le jour en 2014. Ont participé à l'annonce du décret gouvernemental, hier à Lac-Mégantic : Alex Couture, directeur du développement de projets chez EDF Énergies nouvelles Canada, André St-Marseille, président d'Énergie du Granit, Réjean Hébert, ministre responsable de la région de l'Estrie, et André Gravel, directeur de l'approvisionnement en fibres chez Domtar.

12 éoliennes de plus dans le ciel de Saint-Robert-Bellarmin

Deux ans après la mise en service de 40 éoliennes près du mont Bélanger, non loin de la frontière canado-américaine, les 12 éoliennes du projet communautaire de la MRC du Granit commenceront à tourner dans le ciel de Saint-Robert-Bellarmin à la fin de 2014.
Le feu vert à la construction du Parc éolien communautaire du Granit a été donné, hier, par le ministre responsable de la région de l'Estrie, Réjean Hébert, au nom de la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet.
« Tout en respectant l'environnement et la qualité de vie des résidents, ce projet contribuera à relancer le développement économique de la MRC du Granit, qui fut grandement affecté par la tragédie du 6 juillet dernier, a déclaré le ministre Hébert. Ce projet est d'autant plus porteur pour la région que la majorité des municipalités que regroupe cette MRC y sont parties prenantes. »
La MRC du Granit s'intéresse à la production d'énergie éolienne depuis neuf ans déjà et travaille depuis cinq ans à l'aménagement de ce parc communautaire, en association avec EDF Énergies nouvelles Canada.
Les 12 éoliennes d'une puissance totale de 24,6 MW fourniront l'énergie nécessaire à alimenter l'équivalent de 3600 foyers québécois. Elles seront érigées sur des terres privées appartenant à la compagnie Domtar, dans les limites de Saint-Robert-Bellarmin, et seront reliées au poste de raccordement du parc éolien de EDF Énergies nouvelles Canada en service depuis octobre 2012.
« Ce décret doit être vu par nos populations locales comme une confirmation à l'effet que notre projet répond aux normes et exigences du gouvernement du Québec en matière de protection de l'environnement et que les retombées économiques estimées sont à portée de main », s'est réjoui André St-Marseille, président d'Énergie du Granit, le consortium de 16 municipalités actionnaires du projet.
Le Parc éolien communautaire du Granit coûtera environ 60 millions $. Il devrait permettre de créer jusqu'à 70 emplois en phase de construction et générer des redevances estimées à 15 millions $ sur 20 ans pour les 16 municipalités.
Un projet bien accepté
Pour Saint-Robert-Bellarmin, par exemple, on parle de revenus de 48 000 $ par année, précise le maire Jeannot Lachance, plus 12 000 $ par année à partager avec quelques municipalités voisines.
Les Bellarminois accueillent bien ce nouveau projet, assure-t-il, parce que les promoteurs ont écouté et répondu à leurs attentes liées à la construction et à l'exploitation des 40 éoliennes déjà en place chez eux. Par exemple en arrêtant le chantier de construction durant les périodes de chasse à l'orignal.
Les éoliennes ont aussi amené des visiteurs à Saint-Robert-Bellarmin, constate le maire Lachance. « C'est beau, ça ne déguise pas le paysage, ça semble habiter nos montagnes! »
Quant à la pertinence économique d'investir dans l'éolien quand Hydro-Québec paie plus cher pour racheter cette énergie que ce que les Québécois paient pour l'hydroélectricité, le ministre Hébert avait trois arguments à avancer : «L'éolien fournit une énergie d'appoint à l'hydroélectricité qui nous évite d'avoir recours à des centrales au pétrole ou nucléaires, dit-il d'abord. L'éolien permet aussi de créer des emplois au Québec, dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie qui ont développé une expertise dans la fabrication des éoliennes. Il faut tenir compte des retombées pour ces régions quand on parle des coûts.
« Enfin, dit-il, quand on se projette dans 25 ou 30 ans, quand on va passer à l'électrification des transports et qu'on sera moins dépendants au pétrole, on va avoir besoin de l'énergie éolienne. À ce moment-là, l'investissement qu'on aura fait va être extrêmement rentable, comme l'investissement qu'on a fait dans l'hydroélectricité au Québec dans les années 60, 70 et 80, et qui nous permet aujourd'hui d'avoir une énergie qui nous coûte pas cher. »