Le CPE Au cœur des mésanges fait partie des cinq centres de la petite enfance de la région à participer au projet pilote « De ton jardin à mon bedon », qui associe ceux-ci à des producteurs d’ici pour accroître leur approvisionnement local et connecter les enfants à la source de leur nourriture.
Le CPE Au cœur des mésanges fait partie des cinq centres de la petite enfance de la région à participer au projet pilote « De ton jardin à mon bedon », qui associe ceux-ci à des producteurs d’ici pour accroître leur approvisionnement local et connecter les enfants à la source de leur nourriture.

Au CPE et à l’école : Portes ouvertes aux producteurs locaux

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Sherbrooke — Les liens entre familles et producteurs estriens se multiplient, cet automne. Alors que cinq centres de la petite enfance de l’Estrie ont ouvert leurs frigos à des agriculteurs locaux dans le cadre d’un projet pilote, l’école Jean-XXIII a pris l’initiative d’inviter un producteur à tenir un kiosque tous les vendredis devant ses installations.

Cette année, le CPE Au cœur des mésanges a décidé d’emboîter le pas au CPE les Stroumps, où l’éducatrice et maraîchère Sonia Verpaelst a introduit des produits de la région depuis deux ans, avant d’inspirer l’initiative « De ton jardin à mon bedon » à travers le réseau régional. Font également partie de ce projet pilote les CPE Les Trois Pommes de Compton, Pop soleil de Richmond, Magimo de Saint-Denis-de-Brompton et Manche de pelle de Sherbrooke. 

Le directrice générale du CPE Au cœur des mésanges, Véronique Girard, a vu dans ce maillage CPE-producteurs un projet « innovant et motivant », qui rejoint les valeurs du centre. 

Au menu jeudi dernier : du porc de la ferme des Trois cultures, du chou, de l’ail et des poivrons rouges de la ferme Nos Aileux et des pommes de la ferme Ste-Catherine. Tous bien présentés aux enfants par la responsable de l’alimentation, Carole Archambault. 

Si le réseau réussit à toucher le financement nécessaire, une deuxième cohorte se joindra au projet pour la saison des récoltes 2021. 

Ce financement attribué par le MAPAQ, qui représentait 16 192 $ pour la première cohorte, vise surtout à rendre la tâche plus facile pour les CPE dans cette opération en leur offrant un certain soutien logistique, affirme Josée Brochu, Coordonnatrice du projet au RCPECE (Regroupement des CPE des Cantons-de-l’Est), 

« Les CPE participants ont eu à faire un diagnostic de leurs achats, pour pouvoir étudier les possibilités en ce qui concerne la saisonnalité, rapporte-t-elle. On voulait qu’ils connaissent leur pourcentage d’achats locaux d’une année à l’autre en se donnant le défi de l’augmenter le plus possible. Notre objectif, à moyen long terme, ce serait que nos 46 CPE membres en Estrie aient tous un ou deux producteurs de jumelés à eux pour pouvoir s’approvisionner localement. » 

En étudiant bien la saisonnalité de leurs besoins, les CPE pourraient également réussir à équilibrer leur budget en prenant soin de conserver certains aliments lorsqu’ils sont offerts localement, précise-t-elle. 

Mme Brochu explique également que les maraîchers partenaires, qui sont jumelés pour la saison avec chacune des installations participantes, sont sélectionnés selon une vision bien particulière. 

« Avec la deuxième cohorte, on veut aller plus loin avec la pédagogie avec les producteurs. Ils ont été mis au courant dès le départ qu’on voulait ce petit plus-là. Qu’ils soient à l’aise, quand ils viennent faire leur livraison, que les enfants sortent. Qu’ils aillent jaser avec eux et qu’il y ait des échanges qui se fassent au-delà de la distribution », avance-t-elle, précisant que ces intentions, tout comme les visites au champ, ont dû être mises de côté cette année en raison de la pandémie. 

Les productrices de la ferme des Trois cultures, la ferme Nos Aileux et la ferme Les jardiniers de Notre-Dame se relaient tous les vendredis de la saison des récoltes devant l’école primaire Jean-XXIII, l’une des plus défavorisées de la région. Des légumes y sont offerts à rabais

« Un fermier dans mon quartier »

Trois productrices maraîchères locales s’installent désormais tour à tour chaque vendredi devant l’école Jean-XXIII de Sherbrooke. À cette école, dont l’indice de milieu socio-économique est de 10, soit le plus défavorisé, les familles ont donc accès à des légumes frais et locaux à rabais en plus de bénéficier de recettes pour apprêter facilement leurs achats. 

Ainsi, depuis le 18 septembre et jusqu’à la fin octobre, les ménages du quartier peuvent rencontrer les productrices derrière la ferme des Trois cultures, la ferme Nos Aileux et la ferme Les jardiniers de Notre-Dame lors de ce petit « moment de joie » de la semaine, comme l’exprime la directrice de l’école, Marie-Pierre Tardif. 

« [C’est] une activité où on se rassemble devant l’école — avec toutes les mesures sanitaires 

nécessaires — pour voir ce qui a poussé dans la semaine, jaser avec les maraîchères, prendre une recette et échanger ensemble. Ça fait du bien de voir des sourires au kiosque, les vendredis », témoigne-t-elle. 

Selon l’Alliance sherbrookoise pour des jeunes en santé, qui coordonne ce projet intitulé « Un fermier dans mon quartier », toutes les conditions sont réunies pour en faire un succès, puisqu’il facilite l’accès à des aliments sains dans un secteur de désert alimentaire, tout en permettant à des maraîchères de Sherbrooke de rencontrer des citoyens.

Déjà, les discussions s’animent pour répéter l’expérience l’an prochain.