Le citoyen André Larkin a pointé le privilège  impensable octroyé au consortium.

Well inc. : les citoyens veulent des chiffres

Plus d’une centaine de citoyens a répondu à l’invitation de la Ville de Sherbrooke qui tenait une soirée d’information publique sur le projet de développement du Quartier Well inc., mardi soir, à l’hôtel de ville. Gens d’affaires, membres d’organismes communautaires et citoyens y étaient pour en apprendre davantage, mais aussi pour poser leurs questions, faire des recommandations et exprimer leurs inquiétudes.

L’impact sur le compte de taxes des Sherbrookois de l’investissement de la Ville de 26 M$ advenant la réalisation du projet du consortium inquiète les citoyens et le fait que la Ville ne puisse pas encore le quantifier soulève des interrogations.

« La question vous a été posée il y a deux semaines et on n’a toujours pas de réponse », a mentionné une citoyenne.

« J’ai demandé les chiffres, mais je ne peux pas vous répondre avant que les partenaires nous aient fourni les chiffres exacts », a répondu le maire Steve Lussier.

Appels d’offres

Philippe Dussault, promoteur immobilier, croit que Well inc. est un beau projet et il y est généralement favorable en tant que propriétaire d’un immeuble du secteur, mais il déplore la manière de procéder de la Ville et le fait que les promoteurs immobiliers n’ont pas tous eu la chance d’y participer, faisant référence à l’absence d’appel d’offres.

« Les partenaires du consortium ont un privilège impensable. C’est pour cette raison qu’on a changé le maire et plusieurs élus aux dernières élections. Ces partenaires contrôleront le centre-ville pour les prochaines décennies », a renchéri le citoyen André Larkin.

L’absence d’appel d’offres est revenue comme préoccupation à quelques reprises. « D’autres consortiums auraient pu proposer d’autres projets aussi ou plus intéressants », a ajouté un autre citoyen déplorant que la Ville réalise un projet à l’ancienne en priorisant la construction d’un stationnement plutôt que d’être visionnaire et d’encourager d’autres modes de transports que l’automobile.

Si une entreprise a besoin d’un stationnement, qu’elle se paie un stationnement, avait martelé plus tôt M. Larkin.

La Ville a répondu qu’aucun investissement privé majeur n’avait été fait dans le secteur au cours des 30 dernières années, à cause de l’état des lieux, et que c’est pour cette raison que la Ville investissait une portion des coûts, à titre incitatif.

Coûts d’hébergement

« Et la Ville est à l’aise de déménager des organismes comme Sherbrooke Innopole dans des locaux qui coûteront 22,20 $ du pied carré alors que cet organisme paramunicipal est actuellement logé dans un bâtiment qui en coûte 12 $ le pied carré? » a aussi demandé M. Dussault.  

Les représentants de la Ville ont répondu que le coût d’hébergement moyen des quatre organismes paramunicipaux qui déménageront dans les locaux de Well inc. était plus élevé et que le regroupement de ces derniers pourrait amener des économies sans les quantifier.

Un autre promoteur a demandé si des mesures allaient être mises en place pour soutenir les commerçants du secteur durant la période de travaux. « Une réflexion est en cours à ce sujet. Mais oui, il y en aura », ont répondu les représentants de la Ville.

Sécurité des usagers de la STS

Le président du syndicat des chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke, Jean-Pierre Guay, a pris la parole pour exprimer les inquiétudes des chauffeurs quant aux changements des trajets des autobus qu’impliquent le nouveau plan d’aménagement du secteur et, par conséquent, leurs inquiétudes quant à la sécurité des usagers et passagers.

« Un projet pilote est un projet pour tester les choses et des ajustements pourraient être faits au besoin », ont répondu les représentants de la Ville.

Une citoyenne a proposé d’imposer une limite de vitesse de 30 km/h dans le secteur et de construire des bâtiments LEED, avec un toit vert, par exemple. La place des piétons a aussi été questionnée.

Le fait que les charges d’exploitations du nouveau stationnement ne soient pas révélées, ni le déficit prévisionnel, a soulevé une question. « Ces chiffres seront divulgués lorsque le projet concret sera défini », a répondu la Ville.

Trois objectifs

Dans un premier temps, les différents pans du projet de développement du Quartier Well inc. ont été exposés. Les trois objectifs ont été répétés, soit la revitalisation du secteur de la rue Wellington Sud dont plus de la moitié des logements a été construite avant 1946, la création d’opportunités de développement économique et le développement des communautés sherbrookoises.

Marie-France Delage, directrice générale adjointe de la Ville, a notamment rappelé que le projet visait entre autres à doubler la population du secteur, augmenter le revenu médian après impôts des résidants qui est actuellement à moins de 18 000 $, doubler le nombre d’entreprises et d’organismes implantés dans le même secteur et tripler le nombre d’emplois sur le territoire.

L’architecte Jean Mailhot a noté qu’une image de l’Hôtel Wellington serait intégrée à la tour sud du projet du consortium pour rendre hommage au passé.

Un citoyen a été déçu par la présentation dont les « premières 55 minutes étaient juste du rêve » alors qu’il a été « question de chiffres seulement les cinq dernières minutes ». « Cette présentation aurait pu être faite à Trois-Rivières et ça aurait passé aussi. »

Le projet est-il tout décidé d’avance? a demandé le même citoyen.

« Non, les chiffres exacts seront disponibles le 12 février et c’est le conseil municipal qui décidera s’il va de l’avant », a répondu le maire.