France Allard a créé sa compagnie en 2016.

Vivre de sa passion du latex

Depuis quelques années, France Allard vit de sa passion pour le latex. Celle-ci crée des masques artistiques qui sont vendus à un large spectre de professionnels et à des amateurs de BDSM. De Saint-Hyacinthe, la dame confectionne des masques plus artistiques, qui sortent de l’ordinaire.

Ses masques, qui sont 100 % québécois, sont vendus un peu partout à travers le monde. « J’ai des amis dans le monde fétichiste. Un jour, un ami m’a demandé de réparer son chandail de latex. C’est comme ça que j’ai été en contact avec la matière et que je suis tombée amoureuse. Je suis allée voir ce qui se faisait comme vêtements et accessoires, et j’ai vu qu’il manquait quelque chose. Il n’y avait rien de délicat, de féminin. Je trouvais qu’il manquait de beauté », explique France Allard, qui est, selon elle, la seule au Québec à exploiter cette facette de la mode et désexualiser la matière.

Mme Allard a démissionné de son travail de gestion dans une entreprise pour démarrer son entreprise MKL, qui existe depuis 2016. Celle-ci dessert plusieurs types de clients. « J’ai une partie de ma clientèle qui est fétichiste, mais ce sont des fétichistes qui recherchent des produits de luxe. Mes produits sont plus chers, mais sont faits à la main. J’ai une clientèle qui pratique le cosplay, des gens qui dessinent leur masque sur une feuille de papier et je crée leur masque pour eux. Il y a aussi des photographes et des mannequins qui achètent mes masques », indique celle qui a des clients en Angleterre, en Australie, en France et qui vend certains produits dans des boutiques de vêtements alternatifs aux États-Unis et au Canada. Ses créations ont même été étudiées par une université américaine.

Qu’aime-t-elle du latex ? « Moi j’aime le côté restrictif, j’ai l’impression que quelqu’un me tient dans ses bras. Je suis au chaud. L’odeur et le look. Mon plaisir, c’est de me sentir bien et d’aimer ce que le miroir me renvoie, chose que je n’ai pas en jeans et en t-shirt », exprime-t-elle. 

Mme Allard fréquente les donjons environ une fois par saison. « Cet environnement est sécuritaire. Nous arrivons quelque part où, peu importe qui et comment nous sommes, on est acceptés. C’est pourquoi les endroits existent. C’est le fun d’échanger. J’aime parler aux gens par rapport à qui je suis vraiment. Quand j’étais directrice, quand on me demandait ce que j’avais fait lors de la fin de semaine, je répondais “rien”. Mais au fond, j’étais partie au Texas durant trois jours pour faire un événement de latex. Je ne pouvais pas en parler. J’avais plus à perdre qu’à gagner », résume-t-elle. 

Les créations de Mme Allard