François Gagnon, Jean-François Quirion et Jean-Francois Foucault font partie du groupe de nouveaux propriétaires du Marché de la Ferme Beaulieu.

Vente du Marché de la Ferme Beaulieu : continuité au menu

Continuer la tradition : c’est que veulent faire les cinq nouveaux propriétaires du Marché de la Ferme Beaulieu, qui ont confirmé mercredi l’achat de l’institution situé à la jonction de Sherbrooke, Coaticook et Waterville. L’entreprise gardera le même nom et les mêmes employés.

Les cinq partenaires qui ont acheté ce commerce n’en sont pas à leurs premiers pas dans ce domaine. L’employé qui œuvre dans la cuisine de l’entreprise depuis sept ans, François Gagnon, les deux copropriétaires des Vallons Maraîchers, Josée Gaudet et Jacques Blain, le responsable des marchés publics pour les Vallons Maraîchers, Jean-François Foucault et Jean-François Quirion embarquent ensemble dans cette aventure. 

« L’agrotourisme m’a toujours beaucoup parlé, assure Jean-François Foucault. Je suis aux Vallons Maraîchers depuis deux ans. J’avais envie de contact avec le public, donc on regardait pour construire notre propre boutique. Cependant, nous sommes loin dans les terres. Quand on passait ici, on se disait à quel point ils avaient une belle place et un bel achalandage. Quand on a su que c’était à vendre, on a saisi l’opportunité et on s’est mis ensemble. »

« C’est une institution, poursuit-il. Il y a une tradition avec de hauts standards de qualités, une boulangerie qui fonctionne très bien, tout le prêt-à-manger est axé sur le comfort food, c’est une cuisine traditionnelle avec une belle touche d’originalité. On continue dans la même lignée avec les mêmes produits, le même cuisinier-pâtissier et les mêmes recettes. » 

Produits locaux

Les produits locaux occuperont toujours une place de choix sur les tablettes du marché. « Le Marché de la Ferme Beaulieu met en valeur des producteurs de la région, dont plusieurs de la Vallée de la Coaticook. On continue à être une vitrine sur les produits régionaux. De plus, l’une de nos grandes forces, c’est la géolocalisation. On est à la porte de la MRC de Coaticook. En traversant Lennoxville, ça devient une expérience champêtre », analyse M. Foucault.

Nouveaux propriétaires est souvent synonyme de changements. Quelles améliorations le quintette va-t-il apporter au Marché de la Ferme Beaulieu? « Le grand changement va être du côté des légumes. L’offre explose. Le Vallon Maraîcher, c’est une quarantaine de productions différentes. C’est vraiment parfait pour nous. On va regarder pour transformer de nouveaux produits, notamment avec l’offre bonifiée, ça va donner des possibilités », exprime M. Foucault.

Comment se sent-on d’entrer dans le monde des affaires de cette façon? « C’est un sentiment de fierté et de fébrilité, sourit M. Quirion. Il y a beaucoup de choses auxquels il faut penser. C’est un rêve qui se réalise, car nous voulions trouver une bonne façon d’arriver dans le domaine de l’agrotourisme. Je rêvais d’agrotourisme, mais à la place de partir de zéro et de développer, j’arrive dans un bateau qui est déjà en vitesse de croisière. »

Passer le flambeau

 C’est une ancienne propriétaire très sereine qui aidera le nouveau groupe à la tête du Marché de la Ferme Beaulieu à poursuivre les activités de l’entreprise. Arrivée en 2013 pour appuyer son conjoint qui était propriétaire du commerce depuis 1993, Martine Loignon a aidé Luc Beaulieu à construire une entreprise solide. Il est maintenant temps pour eux de passer le flambeau.

« Pour le moment, on est encore dans l’action, assure Mme Loignon. En prenant notre café ce matin (jeudi), on s’est dit qu’on n’avait plus besoin de se soucier de ce qui va se passer. »

Depuis le mois de mars, M. Beaulieu et Mme Loignon discutent avec les cinq entrepreneurs. « On n’avait jamais pensé à la relève avant. Il y a presque deux ans, quelqu’un de la famille nous avait approchés. Comme ça n’a pas fonctionné, on s’est dit que ça serait bien, de la relève. À deux, nous étions essoufflés, car l’entreprise est devenue très grosse. Luc est allé à la MRC pour leur dire qu’on voulait se trouver de la relève », explique Mme Loignon.

« Il ne pouvait pas y avoir de meilleur match, continue-t-elle. Ils ont des connaissances dans les produits végétaux et notre cuisinier connaît la business. On a confiance que l’entreprise va continuer dans la même vague. Ce qui est très difficile, c’est de laisser aller les clients. On les connaît depuis plusieurs années. On a des larmes quand on leur annonce qu’on part. On a aussi de la difficulté de laisser une équipe qu’on a montée. On a des employés extraordinaires. On faisait des câlins à tout le monde aujourd’hui », mentionne-t-elle, tout sourire.

Tenir la main

Les deux vétérans resteront dans le giron de l’entreprise pour encore quelques mois. « Ce qui a été déterminé, c’est qu’on allait leur tenir la main jusqu’au mois d’octobre. Après, on va être consultants au besoin. On a confiance », commente Martine Loignon.

D’autres offres ont été faites au couple d’entrepreneurs. « On a eu des offres d’entreprises européennes, mais on trouvait ça moins alléchant, indique Mme Loignon. On aurait peut-être fait plus d’argent, mais quand les nouveaux propriétaires viennent de loin, il y a moins de chances qu’ils gardent ce que l’on a construit. »

François Gagnon, qui fait partie des employés du Marché de la Ferme Beaulieu depuis sept ans, fait partie des nouveaux propriétaires. « J’étais rendu là dans ma vie, je passe de l’autre côté tout en continuant à mettre la main à la pâte. Je connais les rouages de l’entreprise. Mes partenaires sont nouveaux ici, ils ont à cœur que ça marche et moi aussi. Je suis plus ancien, donc on va pouvoir mixer nos idées », analyse-t-il.  

Est-il heureux de pouvoir compter sur ses anciens patrons pour débuter l’aventure? « C’est nécessaire. Quand on achète une entreprise familiale depuis plusieurs générations, il y a un attachement de part et d’autre. De poursuivre la transition en ce sens et en nous accompagnant, c’est super », résume M. Gagnon.