La première partie des audiences publiques du BAPE dans le cadre de son enquête sur l’amiante et les résidus miniers amiantés se terminera vendredi avant-midi à Asbestos. Cette commission d’enquête est présidée par Joseph Zayed (au centre), secondé par les commissaires Marie-Hélène Gauthier et Pierre Magnan.

Valorisation des résidus d'amiante: un immense potentiel

ASBESTOS - Autant le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles que le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec se disent favorables à l’exploitation des résidus miniers amiantés comme ceux que l’on retrouve en grand nombre en Estrie. Le ministère de la Santé est, quant à lui, plus réticent.

C’est ce qui ressort de la deuxième journée de l’audience publique du BAPE dans le cadre de son enquête sur l’amiante et les résidus miniers amiantés. Pour l’occasion, la salle d’Asbestos était encore une fois bondée.

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« L’idée de valoriser les haldes, c’est dans l’esprit d’éviter de continuer à exploiter des minerais et de donner une nouvelle vie à une ressource déjà extraite, indique Danielle Pépin, représentante du ministère de l’Économie. Un résidu devient une matière première pour une nouvelle entreprise et on lui donne une valeur économique. »

Les retombées économiques potentielles des quelque 800 millions de tonnes de résidus miniers amiantés qui se retrouvent au Québec sont très importantes selon Mme Pépin.

« Si on considère qu’il y a par exemple 25 % de magnésium, on arrive à environ 200 millions de tonnes, souligne-t-elle. Et c’est seulement pour le magnésium métal parce qu’on a des projets d’oxyde de magnésium, d’hydroxyde ou de bicarbonate. »

La tonne de magnésium se vend environ en ce moment 2200 $ US, selon Mme Pépin. Un rapide calcul permet de constater que, simplement pour les projets de magnésium, la valeur économique des haldes de résidus miniers s’élève, théoriquement, à plus de 400 milliards $.

« On parle beaucoup de magnésium parce que c’est le projet le plus avancé actuellement, mais on pourrait aussi exploiter le nickel ou le chrome, souligne Mme Pépin. On peut exploiter chacun des matériaux et si on les ajoute, on a un potentiel économique assez grand. »

Des investissements de 1,3 milliard $ sont d’ailleurs prévus par le gouvernement pour les projets de valorisation des résidus miniers, ce qui créait plus de 600 emplois.

Des risques pour la santé

En soirée, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a pris la parole pour présenter son rapport sectoriel. Il s’est positionné en défaveur de la valorisation des résidus miniers amiantés.

« Étant donné que l’amiante sous toutes ses formes est reconnu comme étant cancérigène chez l’homme, le MSSS juge que les expositions des travailleurs et de la population doivent être maintenues au niveau le plus bas possible, peut-on lire en conclusion du rapport. La situation idéale du point de vue de la prévention sanitaire consiste donc à ne pas procéder à la valorisation des résidus miniers amiantés. »