Valoris dégage un surplus mais ne crie pas victoire pour autant alors qu’elle compose toujours avec une dette de 37,9 M$.
Valoris dégage un surplus mais ne crie pas victoire pour autant alors qu’elle compose toujours avec une dette de 37,9 M$.

Valoris dégage un surplus de 870 493 $

L’année 2019 aura finalement amené son lot de bonnes nouvelles pour la régie intermunicipale Valoris. Le centre de valorisation des matières résiduelles est parvenu à dégager un excédent de 870 493 $. Le président Robert Roy prévient qu’il ne faut pas plaider pour des baisses de tarifs pour autant puisqu’il reste des défis à relever pour la régie.

« Les gens vont être tentés de dire que nous avons trop chargé en 2019, mais il reste du travail à faire », a dit M. Roy au C.A. de Valoris jeudi. Il fait référence au tarif imposé aux municipalités pour disposer de leurs déchets. Une hausse salée a fait passer le prix de 133 $ à 237 $ la tonne en 2019.

Graphique à l’appui, il mentionne qu’il faudra aplatir la courbe des dépenses anticipées dans les prochaines années. « Il faut engendrer des surplus avant le pic des dépenses qui est prévu pour 2022 et 2023. Il faut éviter d’arriver là et de devoir monter les prix à nouveau. Nous mettons en banque des sommes pour passer à travers », résume M. Roy.

L’excédent budgétaire est attribuable à l’augmentation du tonnage des matières reçues, au report de certains travaux projetés et à une gestion rigoureuse des dépenses, selon l’organisation.

Dans le même sens, la dette de Valoris est réduite de 2,1 M$ et atteint maintenant 37 902 942 $. Des sommes ont été provisionnées pour deux litiges impliquant encore l’organisation.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, qui était président de Valoris l’an dernier, a indiqué que « les efforts demandés aux citoyens portent leurs fruits ».

Robert Roy a par ailleurs pris le temps de faire un suivi budgétaire au 31 mars en expliquant pourquoi certains postes de dépenses ont été plus sollicités que prévu et pourquoi certains revenus sont plus importants que ce qui était anticipé. Il note entre autres des employés trieurs qui ont dû être engagés, faisant grimper les salaires déboursés, mais qui ont permis de générer davantage de revenus. Il mentionne aussi des dépenses importantes en entretien de cinq camions vieillissants qui devront être remplacés bientôt.

Le transport de l’eau de lixiviat vers Sherbrooke a entraîné des dépenses supplémentaires de 31 000 $ en 2020.

D’ailleurs, le conseil d’administration de Valoris a donné des avis de règlement pour trois emprunts totalisant 14,2 M$, dont 6,1 M$ pour l’optimisation du traitement des eaux de lixiviat. Robert Roy s’est montré rassurant en indiquant que tous ces emprunts font partie de la planification financière de Valoris.

« Dans l’exercice budgétaire, nous avons adopté des projets nécessitant des règlements d’emprunt qui seront remboursés d’ici cinq à vingt ans. C’est prévu dans nos projections et dans notre plan de redressement. Même le remboursement de la dette a été prévu dans nos tarifs. En 2019, envoyer notre eau de lixiviation à l’extérieur nous a coûté près de 200 000 $. En plus, nous voulons réduire l’émission des gaz à effet de serre, donc le transport par camions de cette eau, je ne pense pas que c’est la meilleure chose. »

Les autres règlements d’emprunt concernent des travaux de correction au système de dépoussiérage et la construction d’une nouvelle cellule d’enfouissement de déchets. « Le processus pour la construction de cette cellule sera long, donc il faut commencer les démarches tout de suite. »

Valoris annonçait d’ailleurs jeudi avoir déposé au ministère de l’Environnement le rapport de l’étude d’impact sur l’environnement pour l’agrandissement de son lieu d’enfouissement technique. Le Ministère consultera maintenant les autres ministères impliqués dans le projet et Valoris pourrait devoir répondre à des préoccupations ou à des commentaires concernant sa démarche.

Enfin, Robert Roy a dévoilé le tonnage des matières résiduelles acheminées à Bury jusqu’à maintenant en 2020. Il note que huit des seize municipalités membres ont augmenté leur tonnage par rapport à la même période en 2019. « Nous vous demandons des efforts plus grands parce que vous aurez une facture plus importante à la fin de l’année. »

La municipalité d’Hampden présente le pire dossier avec 39 % plus de matières résiduelles en 2020. Scotstown, Chartierville, East Angus, La Patrie, Newport, Sherbrooke et Lingwick suivent dans l’ordre avec un tonnage plus important que l’an dernier.