C'est à contrecoeur que la copropriétaire de la résidence pour personnes âgées, Chantal Acteau, ferme les portes de son foyer.

Une trentaine de personnes âgées perdent leur loyer

D’ici mercredi, une trentaine de personnes âgées de Sherbrooke devront se trouver une nouvelle demeure. Les familles des aînés ont su jeudi dernier que la Résidence Treizième Nord allait fermer ses portes définitivement.

C'est à contrecoeur que la copropriétaire de la résidence pour personnes âgées, Chantal Acteau, ferme les portes de son foyer. « On sait que c’est court dans le temps. Nous avons pris toutes les mesures nécessaires, le CLSC a pris des résidents en charge. On a beaucoup de support de toutes les familles. Nous sommes 30, mais c’est une ambiance très familiale. Il y a des résidents qui sont ici depuis 10 ans », explique Mme Acteau, à La Tribune lors d'une entrevue téléphonique.

Même si les coeurs sont lourds, les déménagements se déroulent bien. « Des résidents ont été relocalisés samedi, d’autres le seront dimanche et lundi. Ça se passe bien malgré la douleur et la peine. Ça se fait dans le respect. Je vais être présente jusqu’à la fin. Je vais même chercher des boîtes de déménagement. Je les aide à paqueter et ils savent qu’ils peuvent compter sur moi », confirme celle qui est copropriétaire de cette résidence depuis 14 ans.

« On perd une famille, des liens, des amis, poursuit-elle, triste. Une madame m’a confié qu’elle me parle comme si j’étais sa petite-fille. Ça fait neuf ans qu’elle est ici. Il ne faut pas oublier ce côté-là, que ces personnes-là perdent des amis très chers. »

Des changements dispendieux

L’incendie dans un foyer pour personnes âgées à L’Isle-Verte, qui avait fait 32 morts en 2014, a poussé le gouvernement à modifier certaines réglementations en matière de sécurité, ce qui s’est avéré coûteux pour les entreprises. « La Régie des bâtiments a changé quelques codes. Il a fallu se conformer sur d’autres exigences, ce qui a été fait. On a eu de l’aide de l’institution financière pour ces coûts. On sait qu’il va en avoir d’autres », exprime Mme Acteau.

De plus, les locataires devenaient rares pour la Résidence Treizième Nord. « Depuis cinq mois, nous avons cinq chambres vacantes, ce qui nous fait mal. On avait demandé de l’aide au CIUSSS pour qu’ils nous recommandent des personnes. On avait une très bonne réputation et on avait toujours été pleins auparavant. Le fait qu’on est à vendre ne rassurait pas beaucoup les gens », explique Chantal Acteau, ajoutant que le CIUSSS n'a pas répondu à ses attentes. « On ne pouvait plus continuer, on a décidé de fermer les portes », résume-t-elle.