Étienne Caron, Jean-Michaël Guay et Charles Gagné viennent d’acquérir la microbrasserie le Boquébière. Ils rouvriront les portes de l’établissement lundi.
Étienne Caron, Jean-Michaël Guay et Charles Gagné viennent d’acquérir la microbrasserie le Boquébière. Ils rouvriront les portes de l’établissement lundi.

Une jeune relève pour le Boquébière

Sherbrooke — Le Boquébière retrouvera enfin son personnel et sa clientèle, lundi, lorsque les restaurateurs de la région seront autorisés à rouvrir leur salle à manger pour une toute première fois depuis le 23 mars. Mais cette fois, la microbrasserie du centre-ville de Sherbrooke sera entre de nouvelles mains, et aura légèrement revu son offre.  

Jean-Michaël Guay, 31 ans, ainsi que Charles Gagné et Étienne Caron, tous deux âgés de 25 ans, planifiaient depuis près d’un an l’achat du Boquébière. Les jeunes hommes d’affaires ont finalement concrétisé leur projet en pleine fermeture forcée par la pandémie. 

« C’est certain que c’est un stress financier, admet M. Guay. On n’a eu droit à aucune aide gouvernementale, en étant considérés comme une nouvelle entreprise. Tout a été plus compliqué. On ne voulait pas non plus attendre pour ne pas retarder l’obtention de nos permis. » 

« En même temps, on a trouvé le côté positif de ça! On a eu le temps de peinturer, mettre les choses à notre goût et acheter nos équipements », relativise M. Gagné.   

L’établissement, qui appartenait avant à Martin St-Pierre et Sébastien Authier, a donc fait l’objet de quelques rénovations dans les dernières semaines, et est maintenant prêt à reprendre vie avec une nouvelle vision culinaire et brassicole. Mais attention, « on ne veut pas dénaturer le Boq », insiste le trio.

Grâce à une cuisine améliorée, on pourra y manger des repas complets, « mais assez simples », explique M. Guay qui, fort de sa formation et de son expérience dans le domaine de l’alimentation, veillera sur la cuisine. 

« On veut aller chercher le plus possible de produits locaux, et on va jammer sur le saisonnier autant pour le menu que pour les bières, explique-t-il. On va aussi aller chercher beaucoup de produits du porc de la Jambonnière de Saint-Rémi-de-Tingwick. On va surtout y aller avec hot-dogs européens, des paninis et des pizzas maison. » 

Le brassage de bières sur place, qui sera relancé après un arrêt de plusieurs mois précédant la crise, sera assumé par M. Gagné. Pour le diplômé en administration, c’est un rêve de longue date qui se réalise. 

« Je suis entré à l’université en ayant comme objectif de me partir une microbrasserie, mais j’ai toujours trouvé que j’étais en retard dans la vague. À ce moment-là, le secteur explosait au Québec. Finalement, l’occasion d’acheter ici s’est présentée, et de fil en aiguille, on a décidé de se lancer », affirme celui qui brasse de la bière de façon artisanale depuis ses 18 ans. 

Sa spécialité? Les bières européennes. « Je suis moins un brasseur d’IPA (India Pale Ale), mais je vais en faire quand même. Pour moi, la meilleure bière que j’ai bue à ce jour était une pilsner tchèque, que j’ai dégusté en République tchèque. Vous pouvez deviner quel type de bière j’ai brassée en premier », dit M. Gagné, précisant qu’il espère pouvoir combler 5 des 22 lignes de fût avec les bières signées Boquébière. Le reste sera importé des microbrasseries et des producteurs de kombucha avoisinants.   

M. Caron, qui conserve son emploi à temps plein chez BRP en parallèle, portera la stratégie marketing et les réseaux sociaux, en plus de superviser la comptabilité de l’entreprise. « Ça fait longtemps que je fais des projets entrepreneuriaux. Je vendais toutes sortes de choses quand j’étais jeune. D’avoir un commerce implanté comme ça dans Sherbrooke, je trouve que c’est une belle façon d’avoir l’impression qu’on a un impact dans la société », affirme celui qui a rencontré M. Gagné à l’université. 

Programmation 

Dès que les consignes le permettront, le microbrasserie poursuivra son habituelle programmation. Pas question pour les nouveaux proprios de laisser tomber ce qui « démarque le Boq », comme les soirées d’humour, les spectacles, les matchs d’improvisation, les quiz et les rendez-vous de swing qui attirent habituellement un grand nombre d’habitués, disent-ils.  

Mettant à profit son permis de restauration pour le moment, le Boquébière sera ouvert tous les jours entre 15 h et 23 h.