Une famille sherbrookoise, composée de deux adultes et deux jeunes enfants, devrait pouvoir compter sur un revenu annuel de 58 249 $ en 2020 pour vivre « dignement », selon la plus récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques
Une famille sherbrookoise, composée de deux adultes et deux jeunes enfants, devrait pouvoir compter sur un revenu annuel de 58 249 $ en 2020 pour vivre « dignement », selon la plus récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques

Une famille sherbrookoise devrait gagner 58 249 $

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Une famille sherbrookoise, composée de deux adultes et deux jeunes enfants, devrait pouvoir compter sur un revenu annuel de 58 249 $ en 2020 pour vivre « dignement », selon la plus récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), qui publie chaque année l’évolution du « revenu viable » dans les principales villes du Québec.

Selon l’IRIS, le revenu viable pour un ménage sherbrookois composé d’une seule personne est de 24 704 $, tandis qu’il se situe à 36 292 $ pour une famille monoparentale (un adulte, un enfant).

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L’auteure de l’étude, la chercheuse Eve-Lyne Couturier, précise que les critères utilisés par l’IRIS pour définir le revenu viable, sont plus « généreux » que la Mesure de panier de consommation (MPC) qu’utilise depuis plusieurs années Statistique Canada.

Si on le compare avec les critères de Statistique Canada, le concept de revenu viable de l’IRIS permet, par exemple à un ménage de deux adultes et deux enfants de se payer un repas au restaurant par mois et une activité plus festive, alors que la MPC s’en tient strictement au Guide alimentaire canadien et peut difficilement permettre une certaine vie sociale.

« Avec la MPC, c’est le strict minimum. On ne peut même pas se payer un café, un chocolat chaud ou un thé, rappelle Mme Couturier. Dans le cas du revenu viable, on parle d’un niveau de vie digne, dans lequel une famille peut manger au restaurant au moins une fois par mois, qui peut se payer une semaine de vacances dans un chalet. Elle peut aussi s’acheter des vêtements neufs plutôt que d’aller uniquement dans une friperie », illustre Mme Couturier.

Concernant Sherbrooke, elle note que le coût de la vie y est généralement moins élevé que dans les autres grandes villes du Québec, notamment en raison du coût du logement et de la qualité du transport en commun.

« Ce qu’on constate à Sherbrooke, c’est qu’une personne seule qui gagne 15 $ l’heure, 35 heures par semaine, arrive à dépasser le revenu viable. Même au salaire minimum de 13,10 $ de l’heure, cette même personne arrive un tout petit peu en dessous du revenu viable. »

L’étude démontre en outre que les personnes seules bénéficiaires de l’aide sociale de base ont un plus grand déficit à combler que les ménages avec enfants dans la même situation. Cela s’explique par le fait que les ménages avec enfants bénéficient d’allocations familiales pour les enfants qui donnent un coup de pouce important aux revenus de la famille.

Inégalités et environnement

Fait à noter, l’étude de l’IRIS s’intéresse cette année aux liens entre les inégalités sociales et les questions environnementales.

S’inspirant des travaux de l’économiste anglaise Kate Raworth, l’IRIS propose le remplacement d’une croissance sans limites par une approche socioéconomique plus conviviale, où « la vie en société peut être soutenable entre des planchers sociaux et des plafonds environnementaux. »

Cette nouvelle approche viserait à « faire primer l’amélioration des revenus des plus pauvres sur l’amélioration des revenus des plus riches dans les décisions publiques pourrait s’avérer avantageux, non seulement pour la justice sociale, mais également pour l’efficacité environnementale. On évitera ainsi d’alimenter des tendances énergivores à la surconsommation, asociales à une grande aisance sur le plan des revenus, pour privilégier plutôt une consommation plus raisonnable et plus susceptible d’améliorer la qualité de vie là où celle-ci est plus précaire. »