La tendance zéro déchet se transporte à Magog, où une épicerie alternative ouvrira ses portes au début de 2019.

Une épicerie zéro déchet ouvrira ses portes au début 2019

SHERBROOKE — Le mouvement zéro déchet prend de l’ampleur en Estrie. Une épicerie zéro déchet, qui offrira des produits en vrac, ouvrira ses portes au début de 2019 à Magog.

La propriétaire de la future entreprise, qui s’appellera 123 Zéro, Genevieve Boutot, a pour but d’en faire plus pour l’environnement. « Moi, à part d’avoir ma bouteille d’eau, mes sacs réutilisables, faire mon compost et signer des pétitions, à ma connaissance, il n’y avait pas grand-chose que je pouvais faire concrètement pour aider l’environnement. En même temps, je pense que, jusqu’à tout récemment, on ne savait pas tout ce qu’il se passait avec la planète. Maintenant, on le partage en masse et on donne une voix aux scientifiques », explique la maman soucieuse de l’avenir qu’elle va laisser à ses enfants.

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« Moi-même, dans ma démarche pour devenir zéro déchet, on s’en va à l’épicerie et on se demande pourquoi certains produits sont emballés, poursuit-elle. Je peux prendre un fruit sans le mettre dans un sac de plastique! Il n’y a pas moyen de faire son épicerie traditionnelle sans avoir une foule de déchets », dit celle qui a accompagné son mari dans le monde des affaires.

De l’essence ou des emballages

Ce manque affecte les gens de la MRC de Memphrémagog, puisque les citoyens de cette région doivent actuellement faire de longues minutes d’auto pour atteindre l’épicerie en vrac la plus près. « C’est là qu’on désespère à Magog, car on se demande si l’on fait plus de 30 minutes d’auto pour aller à un endroit zéro déchet ou bien si l’on accepte à contrecœur ces emballages. Il y a aussi d’autres personnes qui habitent plus loin et pour qui c’est encore plus long d’aller à Sherbrooke », analyse Mme Boutot, ajoutant que des négociations par rapport à l’endroit où sera situé le commerce sont en cours.

Selon elle, l’engouement est grand à Magog. « Ici, tous les jours depuis mon annonce, je reçois des messages de gens qui veulent être bénévoles et de gens qui sont enthousiastes face à cela. Il y a un intérêt pour ça. Je travaille sur le projet depuis un moment et je me suis affichée, car il y a d’autres groupes qui pensaient à faire quelque chose », assure-t-elle.

Qu’est-ce qu’une épicerie zéro déchet? « C’est une alternative, ce n’est pas la même chose du tout qu’une épicerie normale. On apporte nos contenants propres qu’on pèse à l’arrivée, on les remplit de denrées et on paye seulement le contenu. C’est beaucoup de produits en vrac, mais c’est aussi des produits en consigne. À titre d’exemple, une compagnie fait de la sauce rosée. Lorsque vous en avez terminé, vous ramenez le contenant, à la place de ne pas savoir quoi faire avec un pot vide », indique Genevieve Boutot.

Le premier but de l’entrepreneuse est d’offrir des produits secs. « Notre objectif de départ est d’offrir du sec, donc de la farine, des noix, des légumineuses, des pâtes, des savons, etc. On espère offrir éventuellement des produits frais, mais on ne vise pas ça pour notre démarrage », dit-elle.

Genevieve Boutot invite les producteurs locaux à entrer en contact avec elle. « On a déjà une bonne gamme de produits. On est toujours à la recherche de producteurs, transformateurs et artisans locaux qui offrent des produits en vrac ou des produits zéro déchet », résume-t-elle.

Plus populaire depuis les élections

Le mode de vie zéro déchet a gagné beaucoup de popularité depuis les dernières élections provinciales. C’est ce qu’a constaté l’administratrice du groupe Facebook Zéro déchet Magog-Sherbrooke, qui compte près de 700 membres, Janie Gagné.

« Au début, quand j’ai commencé ce groupe il y a deux ans, les gens embarquaient vraiment au compte-goutte. Cependant, depuis les élections où Québec solidaire a fait allusion à l’environnement, ça a monté en flèche. J’administrais ce groupe toute seule, mais en fin de semaine, j’ai demandé à ma sœur de m’aider, car ça n’arrête pas. Il y a beaucoup de questions », indique celle qui pratique le mode de vie zéro déchet depuis 2016.

Mme Gagné ne s’attendait pas à ce que son groupe devienne si populaire. « Je me disais qu’on allait peut-être avoir une petite gang à Magog et qu’on allait finir par faire quelque chose, mais là, ça a pris beaucoup d’ampleur. Et ce n’est pas juste à Magog et à Sherbrooke, c’est au Québec au complet », signifie-t-elle.

Comme bien des parents, Janie Gagné se soucie du monde qu’elle laissera à ses enfants. « Ceux qu’on a mis au monde vivent dans un monde incertain. J’aurai beau leur laisser le plus bel héritage financier, je les laisse quand même avec une planète avec une santé incertaine », analyse celle qui veut faire sa part.

Une communauté

Tranquillement, le groupe est devenu une vraie communauté. « Au début, c’était vraiment un outil de communication avec des gens que je n’avais jamais vus. Mais là, j’ai rencontré des gens à Magog. On se voit à l’extérieur maintenant, pas seulement sur Internet. Avant qu’on sache qu’une épicerie allait ouvrir, on avait des rencontres pour peut-être démarrer quelque chose. Plein de projets sortent de ce groupe », dit Mme Gagné, réjouie.

En attendant, l’administratrice du groupe Facebook visite indépendamment les producteurs pour acheter ses produits sans générer de déchet. « Je connais quelqu’un qui élève des poules, donc je lui achète mes œufs. Je vais chercher mon miel à Coaticook tous les ans en même temps d’aller cueillir des pommes », explique-t-elle, ajoutant que l’ajout d’une épicerie alternative est une bonne chose pour cette communauté.