Chantal L’Espérance et Steve Lussier

Un vent d’espoir au centre-ville

C’est l’espoir commun d’un projet porteur qui transpirait des interventions des commerçants, élus et représentants d’organismes, lundi, lors du dévoilement de la nouvelle image du Quartier Well Sud. Si la conseillère Chantal L’Espérance admet qu’il a fallu beaucoup de travail pour arriver à un consensus, sa collègue Évelyne Beaudin est partagée entre l’espoir et l’inquiétude.

« Pour ajuster nos discours, ça demande quand même des discussions. Quand on est assis à la même table, on entend des choses qui permettent de savoir ce qui a achoppé et qui permettent de savoir ce qu’il faut corriger », dit Mme L’Espérance. 

« [Le comité aviseur] a travaillé à la cadence d’une fois par semaine et ç’a donné la mobilisation que nous avons aujourd’hui. Si nous voulons que les élus se sentent mobilisés autour d’un projet, il faut entendre qu’il n’y a pas de voix discordante. Le retrait du consortium a fait en sorte que nous devons reculer pour mieux sauter, pour faire quelque chose d’encore mieux. Le côté moins bon, c’est qu’on recule de quelques mois. Au lieu d’avoir une coupure de ruban en 2020, peut-être que nous l’aurons en 2021 », poursuit-elle.

« Je suis contente qu’on ait flushé Well inc. et qu’on parle maintenant du Quartier Well Sud », affirme pour sa part Évelyne Beaudin. 

« Le problème de Well inc. c’est qu’il ne mettait de l’avant qu’un volet de la revitalisation. Je suis heureuse qu’on ajoute les volets sociaux, environnementaux, des entreprises sociales. Mon inquiétude c’est que tout ce qu’on a dit aujourd’hui avait déjà été dit. Nous sommes à dessiner un appel à projets et je ne trouve pas que les critères correspondent à ce qu’on dit. Si c’est un promoteur privé qui mène le projet, je ne vois pas comment il pourra être un gage de succès en matière de revitalisation. Son objectif premier ne sera pas la revitalisation. Je trouve qu’on ouvre la porte à de l’insatisfaction », nuance la conseillère.

Elle suggère une importante mixité sur les terrains de la Ville plutôt que d’aller vers « un seul gros projet à but lucratif ».

Quant à la création d’un pôle culturel, il enchante Sylvie Bergeron, présidente du Conseil de la culture de l’Estrie. « Ce n’est pas nouveau. C’était dans les cartons. C’était mal diffusé, mal compris, mal attaché. Nous étions même un des premiers à dire oui quand Well inc. a été lancé. Nous sommes à chercher du financement. Nous avons un projet sur la table. Nous avons des sous pour faire un projet.

« Le pôle culturel est un lieu pour accueillir des résidences d’artistes, des organismes culturels, peut-être la radio communautaire, mais c’est aussi un lieu pour partager des services. On veut rester au centre-ville, mais nous ne regardons pas nécessairement dans la zone prioritaire de développement pour le moment. »

Enfin, Annie Faucher, vice-présidente de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, a été très critique lors de l’abandon du projet du consortium. Son discours est maintenant tourné vers l’avenir. « Il y a vraiment une vision commune, beaucoup plus globale, beaucoup plus rassembleuse. Les appels d’offres donneront le départ. Nous savons que beaucoup de groupes sont intéressés. Mais je considère que les élus ont fait leur job. Les gens qui s’opposaient au projet initial sont peut-être un peu plus ralliés. J’attends toujours les pelles avec mon casque jaune et mes bottines, mais pour moi, il y a un vent d’espoir qui est porteur. »