Gilles Pensera, président d'honneur et président du Groupe SFR, Claude Denis, président de la Chambre de commerce de Sherbrooke et président-directeur général d'Électro-5.

Un salon essentiel... même à l'ère numérique

À une époque où l'on peut faire des affaires partout dans le monde grâce à un simple téléphone intelligent, les salons industriels ont-ils encore leur raison d'être?
L'homme d'affaires et bâtisseur Gilles Pansera, dont le nom est étroitement lié à des fleurons industriels québécois tels que Tafisa, Bestar, Industries Mégantic et Masonite, croit que oui.
Celui qui agit comme président d'honneur du 16e Salon industriel de l'Estrie, qui s'est ouvert mercredi au Centre de foires de Sherbrooke, va même plus loin. Il croit que ces salons auront toujours leur raison d'être, ne serait-ce que sur le plan humain.
« J'ai dû visiter des centaines de salons industriels à travers le monde et il n'y a pas un salon où je suis reparti sans avoir appris quelque chose ou rencontré quelqu'un avec qui je n'ai pas fait affaire par la suite », a relaté Gilles Pansera lors de l'ouverture du salon auquel participent plus de 125 exposants issus de tous les secteurs industriels de la région.
Même si Bestar vend aujourd'hui plus de 85 % de ses meubles à assembler par le biais d'internet, Gilles Pansera continue de croire à la raison d'être des salons industriels. « Il ne faut jamais oublier qu'être en affaires, c'est aussi une question de maillage et de réseautage. Et c'est ce que permettent les salons. Malgré l'évolution phénoménale des moyens de communication, il n'y a rien, à mon avis, qui ne pourra jamais remplacer les relations et les contacts sur le plan humain. »
Le mythe des robots
En tant que président de la Chambre de commerce de Sherbrooke, Claude Denis souscrit aux propos de Gilles Pansera. En plus d'avoir réservé son propre kiosque pour son entreprise Électro-5, M. Denis a profité de l'ouverture du salon pour lancer quelques messages aux industriels de la région ainsi qu'au gouvernement fédéral.
Aux industriels qui hésitent encore à investir massivement pour accroître leur productivité, M. Denis estime qu'ils ont tout intérêt à passer à l'action le plus tôt possible.
« La productivité est un enjeu majeur auquel il faut s'attaquer », dit-il, ajoutant que le spectre de la robotisation ne devrait effrayer personne. « L'idée que les robots vont créer des chômeurs est un mythe. Toutes les études menées en Europe, notamment en Allemagne, démontrent que ce n'est pas vrai. D'ailleurs, si vous connaissez un chômeur, donnez-nous ses coordonnées, parce qu'on est en pénurie de main-d'oeuvre partout actuellement. ».
M. Denis a aussi profité de l'occasion pour demander à Ottawa de soutenir les commerçants et les industriels qui décident d'investir dans leur entreprise.
« On aimerait que le gouvernement fédéral nous permette d'amortir tous nos investissements dès la première année, demande-t-il. Le gouvernement du Québec nous permet de le faire, mais on espère que le gouvernement fédéral va suivre cet exemple dès le prochain budget. »