Le guide Bien joué! Luttez contre l’intimidation à l’aide de Classcraft, un guide destiné aux enseignants du primaire et du secondaire afin de lutter contre l’intimidation, a été lancé à Montréal lundi.

Un jeu vidéo pour passer le message

Le jeu vidéo pour lutter contre l’intimidation? C’est la méthode mise de l’avant par le CLIPP, un organisme en innovation sociale, et Classcraft, l’entreprise derrière le jeu du même nom. Les deux partenaires ont lancé le guide Bien joué! Luttez contre l’intimidation à l’aide de Classcraft, lundi, un guide destiné aux enseignants du primaire et du secondaire afin de lutter contre l’intimidation.

Le projet, qui a été lancé à Montréal, a reçu un soutien financier du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, et de la Fondation Jasmin-Roy.
L’enseignant en sciences Christian Patenaude, du Collège Reine-Marie à Montréal, travaille avec Classcraft depuis quelques années déjà. Celui qui enseigne en première secondaire a commencé à l’utiliser d’abord pour susciter la motivation auprès de ses élèves.
Classcraft est un jeu en ligne qui a été développé par Shawn Young, un ex-enseignant de physique, où les élèves se retrouvent dans un jeu de rôle. Ils peuvent obtenir des points en fonction des règles établies. L’objectif initial de Shawn Young, alors qu’il était enseignant au Salésien, était de susciter la motivation des élèves.
Comment un jeu vidéo comme Classcraft peut-il améliorer le climat dans les classes? M. Patenaude explique que Classcraft permet de mettre l’accent sur les comportements prosociaux, en encourageant l’inclusion et l’empathie. Il peut s’avérer un outil efficace pour les enseignants. Il donne l’occasion d’encourager les bons comportements plutôt que d’agir de façon répressive envers les élèves ayant un comportement inadéquat.
Le projet et l’expérimentation en classe, avant d’aboutir au guide, a duré environ un an. Les méthodes suggérées ont été validées scientifiquement, note M. Patenaude. Une dizaine d’enseignants de six écoles de Montréal et de Québec ont participé, dont le Collège Reine-Marie.
« Souvent, les enseignants se sentent impuissants face à l’intimidation, constate Shawn Young, fondateur et président-directeur général de Classcraft. Les écoles sont obligées de se doter de politiques, mais il n’y a pas beaucoup d’outils... L’approche que l’on propose, c’est une approche générale. »
Solutions positives
Shawn Young a lui-même vécu les contrecoups de l’intimidation, une situation qui l’a forcé à changer d’école à plusieurs reprises. M. Patenaude abonde dans le même sens : les enseignants sont peu outillés devant le phénomène de l’intimidation.
Oui, des intervenants viennent en parler à l’occasion, oui, les enseignants vont mettre des mesures en place s’ils constatent ce genre de situation ou si des élèves s’ouvrent à eux, mais cela demeure limité. Lorsqu’on l’interroge sur la mise en place de plans d’action contre l’intimidation dans les écoles par Québec il y a quelques années, Christian Patenaude répond que cela se trouve dans un tiroir d’intervenant ou de direction quelque part.
C’est le CLIPP, qui a pour mission de générer des solutions positives face à la complexité de certains enjeux sociaux, qui a approché Classcraft. Selon certaines études, près de 40 % des élèves affirment avoir subi au moins une fois une forme ou une autre d’intimidation.
« En développant ce guide, nous avons travaillé avec des enseignants qui utilisent Classcraft pour identifier et valider les meilleures pratiques, afin de les partager avec n’importe quel enseignant qui voudrait utiliser le jeu vidéo pour s’attaquer au problème », note le jeune entrepreneur.
D’autres jeux vidéo pourraient aussi avoir des retombées positives en matière de lutte contre l’intimidation.
Le lancement du guide a lieu dans le cadre de la Semaine contre l’intimidation et la violence à l’école.