« Nous vivons l’un des plus gros défis que nous devons surmonter », dit Francis Campbell, qui a démarré la startup Expedibox il y a trois ans.
« Nous vivons l’un des plus gros défis que nous devons surmonter », dit Francis Campbell, qui a démarré la startup Expedibox il y a trois ans.

Un impact majeur pour les jeunes pousses

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Plus de trois entrepreneurs de startups sur quatre en Estrie (77 %) disent avoir subi des impacts importants ou significatifs liés au ralentissement économique et à la crise sanitaire actuels. À travers le Québec, ce sont près de 60 % des startups de la province qui déclarent avoir moins de trois mois de liquidités disponibles.

Ces informations sont issues du nouveau Baromètre startup, une initiative du Mouvement des accélérateurs d’innovation du Québec (MAIN), dont Espace-inc de Sherbrooke est membre fondateur avec d’autres organisations du genre dans la province.

L’objectif était de faire état des défis et des besoins des jeunes pousses québécoises dans le contexte de la crise sanitaire et économique actuelle. Selon le Baromètre startup, « sans entrée d’argent frais pour quelques mois, le moteur de l’économie du futur risque de tourner à vide, s’effondrer et d’amputer la relance. Ces données serviront également à faire valoir les intérêts des startups auprès des différents paliers de gouvernement pour que ceux-ci puissent prendre les meilleures décisions possible pour les soutenir », soutient un communiqué de presse diffusé par Espace-inc, un incubateur-accélérateur entrepreneurial.

« Bien que la COVID-19 ait un impact financier sur les entrepreneurs, ce ne sont pas que les finances qui prennent un coup dur présentement. Derrière chaque entreprise se trouve un humain, un humain bien réel qui doit relever un défi de taille. »

On donne l’exemple de Francis Campbell, qui a démarré son entreprise de casiers intelligents, Expedibox, il y a trois ans. L’entrepreneur a connu des années pavées de sacrifices et marquées par l’isolement, signale-t-on.

« On est déjà incroyablement isolés par notre réalité d’entrepreneur, l’isolement physique et notre devoir de paraître toujours dans une bonne posture complexifient beaucoup ce rapport à la souffrance que nous avons et je considérais important de l’exprimer. Nous vivons sans doute l’un des plus gros défis que nous devons surmonter », dit l’entrepreneur.

Pour certains, la crise de la COVID-19 signifiera la fin d’un rêve. Pour d’autres, ce sera l’occasion de se réinventer et de saisir de nouvelles opportunités d’affaires. Ayant l’habitude de subir des coups durs et d’être agiles devant l’adversité, de nombreux entrepreneurs se montrent résilients et mettent tout en œuvre pour se maintenir à flot.

Pour sa part, Raphaël Sansregret, cofondateur d’Innomalt, une entreprise qui fournit un malt aux microbrasseurs, compte bien sortir de cette crise vainqueur. Toujours en activité vu le statut de service essentiel de son entreprise, ses ventes ont chuté malgré tout.

Toutefois, il s’est rapidement mis en action : en constante communication avec ses clients, gère ses liquidités, contacte ses fournisseurs et a obtenu des moratoires de paiement de la part de ses créanciers. Pour le moment, tout va, mais il est conscient de la précarité de sa situation. « Il faut gérer son argent de façon très serrée et s’assurer de planifier autant l’hibernation de notre entreprise que l’analyse de nouvelles opportunités ainsi que la relance à venir. C’est très exigeant », exprime Raphaël Sansregret.

Ces nouvelles entreprises sont un pilier important de notre économie, ajoute Espace-inc. « Ce sont nos innovateurs, nos entrepreneurs de l’économie du futur, notre relève, ceux par qui de nouvelles solutions adaptées à notre monde changeant vont se créer », commente-t-on.

« Des ressources importantes en temps, en talent et en argent sont investies dans ces startups qui, avant de devenir rentables, doivent se développer sur plusieurs années afin d’atteindre leur maturité et la pleine rentabilité. Ne pas les soutenir nous ferait perdre beaucoup collectivement. »