Lorsque les copropriétaires du dépanneur situé au coin de la rue des Érables et du boulevard de Portland, Jean-Claude et Guylaine Nadeau, ont découvert le pot aux roses, ils étaient sur le point de vendre leur entreprise pour la valeur de l’inventaire.

Un employé du Dépanneur Carrefour Portland fraude l’entreprise pour 110 000 $

Le stratagème frauduleux d’un employé pendant près de deux ans a mis en péril la santé financière du dépanneur Carrefour Portland à Sherbrooke.

Senghor Ngabo Twagira serait à l’origine d’une fraude évaluée par le Service de police de Sherbrooke à près de 50 000 $, mais à plus de 110 000 $ par les victimes.

L’individu de 26 ans a été cité à son procès pour une fraude et d’un vol de plus de 5000 $, mercredi, par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Senghor Ngabo Twagira est accusé de vol et de fraude de pus de 5000 $ envers son ancien employeur.

Lorsque les copropriétaires du dépanneur situé au coin de la rue des Érables et du boulevard de Portland, Jean-Claude et Guylaine Nadeau, ont découvert le pot aux roses, ils étaient sur le point de vendre leur entreprise pour la valeur de l’inventaire.

« Nous étions au bord de la faillite lorsque nous avons eu l’explication. Les seuls quarts où ça ne balançait pas, c’était ceux où Singhor travaillait », a témoigné le copropriétaire du dépanneur lors de l’enquête préliminaire de son ancien employé.

Durant la période du crime qui s’échelonne du 2 novembre 2014 au 27 mai 2016, Twagira avait réussi à détourner les paiements de vente d’essence vers le terminal pour le paiement des ventes de Loto-Québec.

L’individu prenait alors la valeur de la vente d’essence pour la « réinvestir » dans le pari sportif.

Dans l’élaboration de son stratagème, Senghor Ngabo Twagira pariait en faveur d’une équipe sportive et contre cette même équipe pour le même match.

« Il pariait pour la victoire du Canadien et pour sa défaite. Il était certain de gagner. C’est Loto-Québec qui le payait, mais il pariait avec l’argent de mon commerce. Il a même poussé l’audace en venant me montrer ses gains. Il avait mis en place un système difficile à détecter », estime M. Nadeau.

« J’ai dû sortir mes REER »

Au fil des mois, les états financiers du dépanneur arrivaient constamment dans le négatif. Une firme d’enquêteurs privée a été embauchée afin de découvrir ce qui ne fonctionnait pas.

Jean-Claude et Guylaine Nadeau sont les victimes d’une fraude de plusieurs dizaines de milliers $ de l’un de leurs anciens employés.

« Ça ne pouvait pas marcher. C’était impossible. En 32 ans, ce sont les deux seules années qui ont baissé. Une fois que l’employé en cause a été congédié, les chiffres ont recommencé à balancer », explique M. Nadeau.

Les copropriétaires du dépanneur ont travaillé une année et demie sans salaire. Une dizaine de personnes auraient pu se retrouver sans emploi.

« J’ai dû sortir mes REER. Les assurances m’ont payé seulement 10 000 $. Le montant que je suis capable de prouver est de 48 000 $, soit le plus loin que je peux remonter dans le système informatique. Mais selon les comptes de banque, qui ne mentent pas, c’est plus de 110 000 $ qui a été volé », signale M. Nadeau.

« Nous avons fait balancer les livres avec l’héritage de notre père qui avait d’autres entreprises. Je me suis endettée de plus de 100 000 $ lors de cette période afin que nous puissions joindre les deux bouts », ajoute Guylaine Nadeau.

Défendu par Me Jessyca Duval de l’aide juridique, Senghor Ngabo Twagira a reporté son dossier au 30 mai prochain.

C’est Me Nathalie Robidoux qui représente le ministère public dans cette affaire.