L’entreprise Alliance Magnésium d’Asbestos commencera la construction d’un centre de coulée dès ce printemps.
L’entreprise Alliance Magnésium d’Asbestos commencera la construction d’un centre de coulée dès ce printemps.

Un élan de 26 M$ à Alliance Magnésium

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
PRIMEUR / Québec investit 25,9 M$ dans l’entreprise Alliance Magnésium à Asbestos pour la construction de son usine de démonstration commerciale pour la production de magnésium. Ce montant complète le financement de près de 145 M$ nécessaire pour la construction de l’usine qui pourra débuter dès ce printemps.

La première étape sera la construction de la fonderie qui devrait s’échelonner sur un an et qui permettra la production de magnésium secondaire. L’embauche des premiers opérateurs et employés directs de l’entreprise se fera progressivement à partir de l’automne 2020. À terme, l’usine permettra l’embauche d’environ 100 personnes lors de la construction et la création de 102 emplois reliés aux opérations de l’usine. Le centre de coulée, ou fonderie, permet de fabriquer du magnésium en recyclant des produits d’alliage. Pour le moment, la capacité de production est de 16 700 tonnes annuellement. C’est un projet « rentable en soi » selon le ministre Fitzgibbon.

« Compte tenu de l’importance que prend le magnésium sur le marché international, la demande justifie facilement que les opérations de fonderie soient aussi rentables pour l’industrie, explique Karine Vallières. Avec les coûts prévus, il n’y a aucune problématique quant à la rentabilité. »

Une deuxième étape vise la construction d’une unité de fabrication de magnésium à partir des résidus d’extraction de mines d’amiante. Le coût total du projet se chiffre à 143,7 M$. Ça serait 55 M$ pour la première étape et 89 M$ pour la deuxième.

Un minerai stratégique

En plus du gouvernement (une participation de 13,4 M$ en capital-actions et un prêt de 12,5 M$), la société japonaise Marubeni (16,7 M$), Fondaction (10 M$), Technologies du développement durable Canada (12 M$) et Transition énergétique Québec (3 M$) font également partie du montage financier. Un emprunt d’un montant de 50 M$ a finalement été conclu avec une société financière américaine.

« Ce financement est l’aboutissement de plusieurs années de travail acharné, de millions investis, de démonstration des procédés mis au point par Alliance Magnésium et de la reconnaissance à l’international du potentiel industriel », mentionne Karine Vallières, directrice aux communications et affaires publiques chez Alliance Magnésium.

« On est pris avec les résidus miniers et ça fait un bout de temps qu’on se creuse la tête pour savoir ce qu’on fait avec, mentionne le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon. On a un investisseur étranger [NDLR: Marubeni] de qualité, très crédible et qui aime beaucoup l’idée d’investir au Québec. Et on crée un minerai stratégique. C’est aussi un projet qui est porteur au niveau environnemental. C’est un contexte parfait », reprend Mme Vallières.

« L’usine commerciale d’Alliance Magnésium engendrera des emplois bien rémunérés, qui inciteront de jeunes travailleurs à s’installer ou à demeurer dans la région, mentionne pour sa part André Bachand, député de Richmond. Cet investissement viendra diversifier davantage l’économie de la MRC des Sources, aux prises avec un déclin de sa population depuis les dernières années. »

Avant le rapport du BAPE

Cet investissement du gouvernement survient avant même le dépôt du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) visant à établir le portrait de la situation sur la présence d’amiante au Québec et la gestion des résidus miniers amiantés.

« C’est clair pour moi que tout le monde est favorable au projet, souligne le ministre Fitzgibbon. Techniquement, mais on sait que ça n’arrivera pas, si le rapport du BAPE est tellement négatif que ça devient impossible que l’entreprise soit rentable, on sait qu’on peut arrêter à l’étape 1. Cette étape-là est rentable en soi. On ne veut pas que les gens pensent que le gouvernement fait les choses sans écouter le BAPE. »