Le propriétaire d'un dépanneur du secteur Fleurimont craint les répercussions négatives d'un projet de modernisation de la consigne des contenants proposé par Recyc-Québec.

Un dépanneur craint la réforme de la consigne

Le propriétaire d'un dépanneur du secteur Fleurimont craint les répercussions négatives d'un projet de modernisation de la consigne des contenants proposé par Recyc-Québec.
Aux quatre coins du Québec, des propriétaires de dépanneurs indépendants se mobilisent pour demander au gouvernement de revoir le projet de modernisation de la consigne que suggère l'organisme. C'est le cas notamment de Gilles Lehouiller, propriétaire du dépanneur Lehouillier Gaz Bar.
En plus d'accroître les coûts d'opération, notamment concernant la main-d'oeuvre, le projet ne tient pas compte des contraintes d'espace des dépanneurs puisqu'on prévoit que le nombre de contenants consignés pourrait augmenter de 50 pour cent et passer de 2 à 3 milliards par année.
Rappelons que le projet vise tous les contenants à remplissage unique (CRU) de moins de 900 ml, comme les bouteilles d'eau, de jus, de bière, de boisson gazeuse, à l'exception des boissons contenant des produits laitiers. Rappelons que Recyc-Québec se donne un délai de 16 mois pour préciser ce qu'il adviendra des contenants en verre, dont les bouteilles de vin.
« L'élargissement de la consigne est une voie à sens unique au détriment du bac de recyclage et des opérations quotidiennes des détaillants, déclare dans un communiqué de presse Gilles Lehouiller.
« Nous soutenons toute initiative en faveur du développement durable, comme la modernisation du programme de consignation, à la condition qu'elle soit développée de façon raisonnable et qu'elle tienne compte de la réalité de toutes les parties prenantes. Nous faisons face à un enjeu de société et il doit être abordé de façon plus globale. »
Irréaliste pour les dépanneurs
M. Lehouiller dénonce le recours exclusif aux détaillants en alimentation pour la récupération des contenants sous consigne publique, surtout dans un contexte d'élargissement du programme. Il considère que les dépanneurs sont les grands perdants de cette modernisation, alors que d'autres groupes se voient soulagés de toute responsabilité même s'ils sont à la source de ces produits.
« Nous reconnaissons les avancées dont RECYC-QUÉBEC entend faire profiter aux détaillants en alimentation dans le cadre de la modernisation de la consigne », dit-il.
« Le problème, c'est que nous ne sommes pas le bon véhicule pour supporter le caractère démesuré de ce projet. L'exercice comptable est impressionnant, on crée un système à coûts nuls pour le gouvernement, mais force est de constater qu'il ne le sera pas pour les consommateurs, pour les détaillants et pour l'environnement. »
Rappelons que la valeur de la consigne des CRU passerait de 5 à 10 sous, ce qui veut dire que, pour une caisse de 24 bouteilles d'eau affichée à 3,20 $, le consommateur paierait 5,60 $ avec la consigne, s'offusque-t-on dans le communiqué de presse. La prime de manutention offerte aux détaillants passerait de 2 à 3 sous par contenant.