L’église Saint-Jean-Baptiste recevra 542 368 $ de la part du gouvernement provincial pour mettre en branle plusieurs projets de rénovation. Sur la photo se trouvent Denis Cournoyer, curé à l’église Saint-Jean-Baptiste, Marie Montpetit, ministre de la Culture et des Communications, Daniel Audit, président du conseil de fabrique et de la campagne de financement et Guy Hardy, député de Saint-François.

Un demi-million $ pour la « cathédrale de l’Est »

L’église Saint-Jean-Baptiste dans l’Est de Sherbrooke recevra 542 368 $ de la part du gouvernement provincial pour l’aider à se refaire une beauté. Les clochetons, le parvis et les fenêtres de la «cathédrale de l’Est» érigée en 1908 seront visés par les rénovations.

Cet argent fait partie d’une enveloppe budgétaire de 15 millions de $ annoncée dimanche à Sherbrooke par Marie Monpetit, ministre de la Culture et des Communications, pour assurer la préservation et la mise en valeur du patrimoine religieux sur l’ensemble du territoire. Soixante-quinze bâtiments, quatre orgues et sept œuvres d’art seront ainsi restaurés. 

« C’est important de préserver notre identité et notre histoire, souligne Marie Montpetit qui est également ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française. On sait à quel point c’est primordial pour les différentes communautés du Québec. Chaque église soumet ses besoins au Conseil du patrimoine religieux qui, en fonction de la côte des différentes églises et de leur intérêt patrimonial et historique, fait une sélection. La demande est très élevée puisqu’il y a énormément d’églises un peu partout au Québec.  »

Des besoins criants

La fabrique Saint-Jean-Baptiste utilisera l’argent pour poursuivre plusieurs projets de réfection déjà entamés. Les projets patrimoniaux nécessitent souvent du temps et des sommes considérables pour être mis à terme.

« Nous devons défaire le parvis de l’église, explique Denis Cournoyer, curé à l’église Saint-Jean-Baptiste. Mais il faut le refaire comme il était, on ne peut pas refaire en neuf. Il faut donc enlever toutes les pierres, les identifier, faire une couche de ciment et les replacer. On ne peut pas refaire la tôle des deux petits clochers parce que ç’a été fait avec des machines à embosser et il n’en reste qu’en Europe. Mais on est chanceux, on va être capable de rapiécer ici et là. Ce ne sera pas nécessaire de tout changer. C’est pour ça que ça coûte si cher rénover des édifices patrimoniaux. »

Denis Cournoyer confirme aussi que plusieurs fenêtres seront à changer.

« Il faut refaire le bas de plusieurs fenêtres et en changer quelques-unes, mentionne-t-il. Et ce ne sont pas des fenêtres qui se vendent au Costco! Nous avons aussi de l’infiltration d’eau. Il y a des morceaux de plâtres qui tombent du plafond. »

Malgré l’aide financière importante, l’église doit tout de même fournir de l’argent de sa poche puisque le programme de préservation et de mise en valeur du patrimoine religieux ne finance pas l’ensemble des coûts des projets de restauration, il couvre jusqu’à 80 %.

« On a amassé près de 700 000 $ jusqu’à maintenant, confirme Denis Cournoyer. Nous avions la toile La vieille église de Sherbrooke Est par temps de neige de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté depuis des années dans le presbytère et elle a été vendue pour 383 500 $ en 2016. Beaucoup de gens et de communautés nous aident également. »


« Il faut refaire le bas de plusieurs fenêtres et en changer quelques-unes. Et ce ne sont pas des fenêtres qui se vendent au Costco! »
Denis Cournoyer, curé à l’église Saint-Jean-Baptiste

M. Cournoyer admet également que d’autres subventions gouvernementales seront nécessaires à l’avenir pour complètement restaurer l’édifice centenaire.

« On ne fera pas tout avec cet argent-là, souligne-t-il. Ils ont été très généreux cette année, mais il y a d’autres églises qui ont besoin de subvention. Il faut sauver la coquille. On a déjà un gros morceau de plafond de tombé. On ne peut pas laisser un édifice comme celui-là se détériorer. On voit les architectes aujourd’hui ou demain et on va sûrement commencer quelques trucs à l’automne. »

Depuis 1995, le gouvernement du Québec a investi plus de 337 millions de $ dans plus de 2900 projets de réfection et de restauration. L’enveloppe a été bonifiée de 25 % par rapport à 2017-2018.