Les PME devraient-elles être indemnisées quand des chantiers routiers nuisent à leurs activités?

Travaux routiers : plaidoyer pour une indemnisation des PME

Les PME devraient-elles être indemnisées quand des chantiers routiers nuisent à leurs activités? La distribution de permis aux entreprises devrait-elle être possible en ligne pour accélérer le traitement? C’est ce que suggère la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui rencontrait le maire Steve Lussier jeudi.

« Une meilleure gestion des chantiers passe par une meilleure communication en amont avec les entrepreneurs et une meilleure signalisation. Le maire s’est montré intéressé à regarder ça », lance Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la FCEI.

Il a aussi suggéré une compensation pour les PME impactées par les travaux, un peu à l’image de Montréal, qui propose des indemnités rétroactives pouvant atteindre 30 000 $. « La situation semble relativement sous contrôle à Sherbrooke. Quand nous avons fait un sondage auprès de 5500 PME partout au pays, 5 % des entrepreneurs nous ont dit que les impacts étaient majeurs. C’est de ceux-là qu’il faut se préoccuper. Si on s’aperçoit que des PME sont en véritable traversée du désert, ça prend une bouée de sauvetage pour les aider à passer à travers. On ne demande pas un pont d’or, mais une bouffée d’oxygène pour passer à travers les travaux. »

M. Gaudreault ne souhaite pas être directif sur la mécanique à adopter, qu’on parle d’un programme d’indemnisation, d’un congé de taxes ou d’un montant journalier.

« Il pourrait y avoir un agent de liaison qui a vraiment ses bottines sur le chantier. Une fois par semaine par exemple, il fait du porte-à-porte. C’est une façon active de communiquer sur le chantier. On établit une relation humaine avec les commerçants qui nous permet de devancer certains problèmes. »

Une autre idée constituerait à pénaliser les entrepreneurs qui terminent un chantier en retard et à récompenser ceux qui finissent en avance.

« Nous avons aussi discuté de la fiscalité et de la règlementation. J’ai soumis quelques idées, notamment la question des permis en ligne. Il y en a de plus en plus dans certaines municipalités pour les résidants. Pourquoi il n’y en aurait pas pour les PME? J’ai aussi parlé de la façon de communiquer l’information. Il faut intégrer un volet pour les PME sur le site internet. Quand on parle des permis municipaux, il n’y a pas de section pour vulgariser la règlementation. Au lieu de mettre 15 pages en version PDF et en langage du greffe, on peut mettre un résumé en une page, avec un croquis. On sauve du temps et des problèmes. »

Lussier ouvert

Le maire Steve Lussier a lui aussi qualifié la rencontre de positive. Il se dit ouvert à considérer une certaine forme de dédommagement pour les PME impactées par des travaux routiers. « Mais dans le cas de travaux majeurs, nous rencontrons toujours les marchands avant. J’ai récemment fait le tour de nos chantiers en voiture pour voir s’il y avait une problématique pour les commerces et ils étaient quand même faciles d’accès. M. Gaudrault me l’a dit aussi qu’il n’y avait pas beaucoup de plaintes à Sherbrooke. »

M. Lussier se dit prêt à rencontrer les marchands pour trouver de meilleures façons de faire. Il retient aussi l’idée d’un agent de liaison. « J’ai trouvé l’idée très bonne. C’est celle que je retiens en premier. J’ai même mis une étoile à côté. Je tiens aussi fortement à ce que les commerçants reçoivent une lettre pour leur dire ce qui s’en vient. »

Enfin, l’obtention de permis en ligne pourrait être possible grâce au changement des systèmes informatiques de la Ville. Cette façon de faire serait déjà à l’étude.