Le projet d’hyperloop SpaceX vise à commercialiser un train grande vitesse allant jusqu’à 1200 km/h. Il faudrait alors 39 minutes pour faire le trajet de Montréal à Toronto.

Transport Québec-Montréal: après le monorail, l’hyperloop

Le ministre des Transports du Québec, André Fortin, refuse que la discussion autour d’une liaison rapide entre Québec et Montréal se cristallise autour du monorail. Il appelle aux propositions «les plus osées» et donne en exemple l’hyperloop en développement aux États-Unis.

«Je ne veux pas qu’on se limite à un projet. Je veux vraiment que les Québécois soient libres de concevoir tout ce qu’ils peuvent avoir en tête en ce moment. Il y a des projets qui sont sur la table, c’est certain qu’on va les prendre. S’il y en a pour lesquels les Québécois sont capables d’innover, de nous arriver avec de nouvelles idées, c’est ça qu’on veut également», a déclaré mardi le ministre, lors d’une mêlée de presse qu’il a lui-même orchestrée. 

«Quand le génie québécois nous a proposé des choses dans le passé, ç’a mené à des grandes avancées pour le Québec», a-t-il insisté. 

M. Fortin a référé aux «gens partout à travers le monde», et plus particulièrement aux États-Unis, qui développent des technologies permettant de filer entre 300 et 500 kilomètres/heure pour franchir rapidement de longues distances. 

Le ministre a nommé spécifiquement l’hyperloop. Lancé en 2013 par l’homme d’affaires canado-américain Elon Musk, président de Tesla et de SpaceX, ce projet vise à commercialiser un train à très grande vitesse ou train sous vide circulant à 1200 km/h. Pour y arriver, des capsules contenant les passagers seraient propulsées par lévitation magnétique dans un cylindre à faible pression. 

Le corridor Montréal-Toronto fait partie des sites finalistes à l’implantation du système, qui abaisserait de cinq heures à 39 minutes le temps de déplacement entre les deux grandes villes canadiennes. 

Les premiers tests réalisés cet été dans le désert du Nevada par l’entreprise californienne Hyperloop One ont permis d’atteindre une vitesse de 310 km/h sur une distance d’un demi-kilomètre. D’autres sont à venir. 

Ailleurs au Québec

Dimanche, le premier ministre Philippe Couillard a plaidé pour la mise en place d’une «liaison moderne, durable, futuriste entre notre capitale nationale et notre métropole». Il a écarté l’idée d’un train, et donc du train à grande vitesse ou du train à grande fréquence, pour jeter son dévolu sur le monorail électrique suspendu. 

Mardi, lors de la période de questions, le chef libéral a exprimé le souhait d’étendre le futur concept au reste de la province. «On va identifier un projet moderne, du 21e siècle, pas du siècle précédent, qui va permettre en particulier d’assurer la liaison Québec-Montréal, mais également peut-être d’autres liaisons régionales ou intrarégionales au Québec», a-t-il dit. 

Après la publication de plusieurs critiques du monorail, le ministre des Transports tenait pour sa part à «ouvrir la porte» à tous les projets. «Après la prochaine élection, il y aura en place une structure au ministère des Transports pour analyser l’ensemble des propositions qui seront faites par les Québécois», a-t-il spécifié. 

M. Fortin a dressé un parallèle avec le Réseau électrique métropolitain (REM), un projet «électrique, moderne, innovant». «Quand les gens se déplacent entre Québec et Montréal, on veut une proposition comme ça», a-t-il fait valoir, critiquant le temps de déplacement et le peu d’options de transport offertes actuellement entre les deux principales villes du Québec. 

Le jeune politicien refuse d’imposer une limite budgétaire à ce stade-ci. Il évite également de dire si l’idée était la sienne, mais affirme qu’elle fait la différence entre son parti, le Parti libéral, et la Coalition avenir Québec. «On a proposé aux Québécois de se pencher sur un projet d’avenir, un projet porteur, un projet qu’on peut bâtir au Québec», a-t-il souligné.  Avec Patricia Cloutier

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L'ACHAT LOCAL D'ABORD, PLAIDE LA CSN

La CSN déplore «le côté incohérent» du gouvernement Couillard, qui se met en quête d’un projet de transport purement québécois pour franchir rapidement la distance entre Québec et Montréal alors qu’il n’a pas jugé bon d’imposer un minimum de contenu local dans le Réseau électrique métropolitain (REM). 

«Pour un gouvernement qui prétend être le gouvernement de l’économie, il se préoccupe peu des retombées économiques au Québec», a lancé mardi Pierre Patry, trésorier de la centrale syndicale, en entrevue téléphonique au Soleil

M. Patry veut bien que les libéraux en appellent au «génie québécois» pour moderniser les transports, mais il souhaite aussi que les fournisseurs locaux et les travailleurs dans les usines en profitent. 

Avant l’adoption du projet de loi sur le REM, un projet de train électrique de 6 milliards $, la CSN militait pour une obligation d’achat local. Mais le gouvernement québécois a refusé par crainte de poursuites judiciaires. L’Ontario demande un minimum de 25 % de contenu canadien pour ses grands projets d’infrastructures. Les États-Unis y vont pour 60 %.