Autant à l’œil qu’à l’odeur, impossible de deviner que les produits de La Cantine à Savon sont faits à partir d’huile de canola provenant des friteuses d’un restaurant montréalais.

Transformer de l’huile à frites... en savon

Quand on voit les belles barres colorées que produit l’entreprise sherbrookoise La Cantine à Savon, impossible de se douter qu’elles sont constituées à 75 %... d’huile de canola provenant des friteuses de l’Auberge du Dragon Rouge, un restaurant montréalais.

« On se demandait comment on pourrait faire des produits qui respectent nos valeurs, et qui nous démarqueraient des autres savonneries », raconte Mylène Moliner-Roy. « On cherchait un partenaire qui avait de l’huile usée, et c’est sur Kijiji qu’on a trouvé le Dragon Rouge : ils étaient déjà équipés pour traiter leurs huiles, et ils avaient des surplus. On les a contactés, et on a ramené 20 litres d’huile à Sherbrooke pour voir si on serait capables de faire un produit à valeur ajoutée avec! »

Elle et ses quatre associés – Nicolas Goettel, Claudine Charbonneau, David Racicot-Desloges et Jean-Loup Boisvert, tous de jeunes Sherbrookois qui ont étudié ensemble au cégep – ont ainsi développé à coup d’essais et d’erreurs des pains de savon contenant l’huile recyclée, de l’huile de coco bio ainsi que des huiles essentielles, des colorants et des arômes naturels. Lancés il y a deux ans à un kiosque au Festival des traditions du monde, leurs produits sont maintenant vendus à l’Écolo Boutique et chez Arborescence Design à North Hatley. 

D’autres adresses en région ainsi qu’à Montréal devraient s’ajouter à leur réseau de distribution.

Ateliers éducatifs

Vu la provenance de leur ingrédient principal, pourquoi les savons de La Cantine ne sentent-ils (définitivement) pas la patate frite?

C’est l’une des questions auxquelles Mylène et ses acolytes répondent lors des ateliers éducatifs de fabrication de savon qu’ils offrent tout au long de l’année. Au cours de ceux-ci, les participants, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes, apprennent diverses notions de chimie présentes derrière les savons, la recette pour en faire... et ils mettent le tout en pratique avant de repartir avec deux pains de savon, soit 14 barres, faits de leurs propres mains.

La Cantine à Savon offre des ateliers éducatifs de confection de savons. Mylène Moliner-Roy supervise ici Raphaëlle Coulombe-Allie et son fils Adrien.

« Depuis le début, on voulait se donner une mission sociale en redonnant une part des profits à des organismes, mais on voulait aussi que la Cantine à Savon devienne un lieu de rencontre et d’éducation », explique Mylène Moliner-Roy, qui estime qu’environ 300 personnes ont assisté à leurs ateliers depuis qu’ils sont offerts. « Les commentaires qu’on reçoit sont très positifs, on a même des gens qui reviennent le faire une deuxième fois. »

Une équipe polyvalente

L’équipe derrière La Cantine à Savon est hétéroclite : un pharmacien, un enseignant en mathématiques, une architecte en devenir, un entrepreneur diplômé en administration et une orthophoniste la composent. Les cinq compères se consacrent ainsi à temps partiel à l’entreprise, y mettant chacun leurs forces.

En plus des ateliers qu’ils organisent dans des lieux publics, ils peuvent donner des cours à domicile sur demande, auprès de groupes scolaires ou encore mener des campagnes de financement avec des écoles. Ils fabriquent également eux-mêmes une bonne partie de leur matériel, comme leurs moules à savons, et produisent aussi du savon liquide.

On peut suivre le groupe sur Facebook ou à l’adresse www.ecosavon.ca.