Certaines installations de la mine Bell à Thetford.

Thetford, «terre d’accueil» du bitcoin?

La région de Thetford souhaite redonner vie aux défuntes installations de ses mines grâce à la cryptomonnaie. Elle aspire à devenir «une terre d’accueil» pour cette nouvelle industrie.

Comme plusieurs autres municipalités à travers la province, comme Matane et Baie-Comeau, des responsables et des gens d’affaires de l’endroit ont été approchés par des promoteurs au cours des dernières semaines afin de développer des projets reliés à la technologie blockchain.

«Ces fabricants de cryptomonnaies recherchent des grands espaces disponibles immédiatement. La capacité électrique est également un facteur-clé», avance Vicky Lachance, commissaire au développement économique à la Société de développement économique de la région de Thetford (SDE). «La popularité du bitcoin et des autres monnaies virtuelles engendre une réelle demande pour occuper des usines et des entrepôts désaffectés», poursuit-elle, refusant de dévoiler le nom et la provenance des entreprises et des groupes ayant cogné à sa porte.

Mme Lachance confirme toutefois au Soleil que des visites ont bel et bien été réalisées. En termes de sites miniers, le territoire de la MRC des Appalaches compte près d’une dizaine d’espaces vacants.


« Ces fabricants de cryptomonnaies recherchent des grands espaces disponibles immédiatement. La capacité électrique est également un facteur-clé. »
Vicky Lachance, commissaire au développement économique à la Société de développement économique de la région de Thetford (SDE)

Selon la SDE, le parc immobilier disponible pour attirer ces nouveaux joueurs représente «une superficie de 15 terrains de football». Et l’ampleur des terrains disponibles est d’environ 3500 hectares.

L’organisation indique également avoir eu des discussions avec des gens de chez Hydro-Québec afin de s’assurer de pouvoir répondre aux besoins énergétiques nécessaires.  

«Nous progressons dans ces dossiers avec une grande prudence», note Mme Lachance, ajoutant rechercher des locataires ou de futurs acheteurs désirant s’y installer pour longtemps. «Dans un monde connexe, il faut également préciser que le potentiel géothermique des anciennes mines offre un avantage concurrentiel important en ce qui a trait à l’implantation de centre de données, le chauffage de serres et le process industriel», poursuit-elle.

Une bonne idée

Rappelons que durant plusieurs années, l’économie de cette région, située en Chaudière-Appalaches, était principalement supportée par l’industrie minière. D’ailleurs, la dernière mine d’amiante de Thetford Mines a cessé ses activités en 2011. Les installations des mines sont toujours la propriété d’entreprises privées.  

«Nous sommes ouverts à quelque chose de sérieux. Cela pourrait être une option intéressante pour nous et pour la région de Thetford Mines. Cela aiderait l’économie», indique le président des sociétés Asbestos et Mazarin, John LeBoutillier. Ce dernier détient plusieurs installations de mines. «Nous sommes prêts à regarder des projets intéressants. Toutefois, il faut faire attention avec la cryptomonnaie. Il y a déjà eu des bulles financières par le passé», ajoute l’homme d’affaires.

Parmi les installations qui ont été visitées par différents promoteurs au cours des dernières semaines, on retrouve celles de la mine Bell (Thetford), de la mine Normandie (Saint-Joseph-de-Coleraine) et de la mine British-Canadian (Black Lake).

Par ailleurs, afin de démontrer l’engouement pour cette nouvelle industrie qui est moussée par la valeur du bitcoin, au cours des derniers jours, le maire de Matane, Jérôme Landry, a confié avoir été sollicité par cinq investisseurs anonymes afin d’ouvrir une mine de bitcoins, qui consiste à un entrepôt d’ordinateurs, sur son territoire. C’est d’ailleurs grâce à ces ordinateurs que les échanges de monnaies virtuelles sont possibles à travers le monde.  

Du côté de Baie-Comeau, l’entreprise Bitfarms, qui opère déjà quatre mines de bitcoins au Québec, soit à Farnham, à Saint-Hyacinthe, à Cowansville et à Notre-Dame-de-Stanbridge, a démontré de l’intérêt pour y installer ses pénates.
Actuellement, Hydro-Québec suit de près le phénomène. La société d’État envisage entre autres d’imposer des tarifs plus élevés aux promoteurs de mines de cryptomonnaie.

Jeudi, un bitcoin valait environ 10 800 $.