Justin Trudeau

Stratégie du logement: les propriétaires ont un rôle à jouer

La nouvelle stratégie canadienne sur le logement accorde une certaine importance à l’aide directe aux familles dans le besoin plutôt que de miser exclusivement sur la construction de nouveaux immeubles sociaux à grands frais.

Le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL) de l’Estrie se réjouit de voir que le gouvernement fédéral veut ainsi faire jouer un rôle aux propriétaires privés. Avec un taux d’inoccupation à 4,7 pour cent en 2017 au Québec et 6,7 pour cent à Sherbrooke, les propriétaires privés ont des logements libres et font partie de la solution aux besoins impérieux en matière de logement, martèle-t-on.
« Le marché locatif québécois connaît une crise. Les taux d’inoccupation augmentent sans cesse depuis quelques années, donc de nombreux logements sont déjà disponibles et permettent dès aujourd’hui à des milliers de locataires de se loger de façon convenable », selon Martin Messier, président du RPHL.
« Une aide gouvernementale est la bienvenue afin de se conformer aux normes et garder un parc locatif en santé », ajoute M. Messier.
Mercredi, le gouvernement de Justin Trudeau a dévoilé une politique prévoyant des investissements de plusieurs milliards de dollars au cours des dix prochaines années avec l’aide des provinces pour aider les Canadiens à se loger. L’enveloppe prévue se chiffre à 40 milliards de dollars sur dix ans.
Une enveloppe est prévue pour des prêts à faible taux d’intérêt afin de réparer des logements existants et le RPHL espère que le privé pourra en bénéficier, fait remarquer le regroupement dans un communiqué de presse. Il est difficile de rénover tout en gardant les logements rentables actuellement, les propriétaires n’ont plus la capacité financière de moderniser le parc locatif avec une méthode de fixation de loyer inadaptée, insuffisante, nuisible et des taxes qui ne cessent d’augmenter.
Le RPHL souhaite toutefois qu’on sonde le marché avant de procéder à la construction de nouveaux logements subventionnés. Souvent, le marché serait en mesure de répondre aux besoins des familles, surtout lorsqu’ils sont strictement financiers, si une aide à la personne leur était offerte, plutôt que de les relocaliser dans de nouveaux immeubles gérés par le gouvernement.
« Il s’agit alors d’une solution gagnant-gagnant : on favorise la mixité sociale tout en contribuant à l’économie », ajoute M. Messier.
Coopératives d’habitation
La Confédération québécoise des coopératives d’habitation (CQCH) accueille aussi favorablement la politique visant à améliorer les conditions de logement des Canadiens. « La stratégie nationale du logement assurera aux ménages à faible revenu des coopératives d’habitation l’accès à long terme à des logements abordables, durables, inclusifs permettant une meilleure qualité de vie », énumère-t-on dans un communiqué.