Le député Gilles Bélanger rêve de voir un projet immobilier d’importance se concrétiser dans le secteur de la sortie 115. Les réseaux d’aqueduc et d’égouts de la Ville de Magog ne desservent toutefois pas cette zone, où on retrouve déjà l’Auberge du Mont-Orford.

Sortie 115 à Magog : Bélanger propose un « échange de capacités »

Le projet de développement dont rêve le député Gilles Bélanger, à la sortie 115 de l’autoroute 10, forcera sans doute la Ville de Magog à faire preuve de créativité. Les réseaux d’aqueduc et d’égouts de la municipalité ne desservent pas ce secteur. Qui plus est, des études hydrogéologiques passées ont permis de constater qu’il est difficile de trouver de l’eau dans le sol à cet endroit. Quelle serait alors la solution?

M. Bélanger sait fort bien que le secteur de la sortie 115 de l’autoroute 10 est une zone « non desservie », pour reprendre le jargon des autorités municipales, et que l’eau est rare sur place, tel que l’ont déjà appris quelques promoteurs à leurs dépens. Mais il affirme avoir une solution à proposer.

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Évidemment, la première idée qui vient à l’esprit, lorsqu’on songe au problème existant, est de prolonger les réseaux d’aqueduc et d’égouts de Magog jusqu’à la zone ciblée. Cette option paraît toutefois difficilement réalisable puisqu’il faudrait ajouter des conduites, en bordure de la rue Principale Ouest, sur une distance de plus de deux kilomètres, par surcroît dans une zone située hors du périmètre urbain de la ville.

À ce sujet, on peut rappeler que d’autres promoteurs ont déjà souhaité que le secteur de la sortie 115 soit relié aux deux réseaux municipaux. La Ville de Magog leur avait cependant répondu que ce n’était pas possible, justement parce que le gouvernement provincial lui demande de prioriser le développement à l’intérieur de son noyau urbain avant de vouloir en sortir.

Espérant dénouer l’impasse, Gilles Bélanger propose donc que ce soit plutôt le Canton d’Orford qui desserve les centaines d’unités d’habitation qui seraient érigées à la sortie 115 et le long du chemin du Parc, en direction de la station Mont Orford.

Le député d’Orford suggère plus précisément un échange de capacités entre le Canton d’Orford et la Ville de Magog, deux municipalités voisines. « Le Canton étendrait ses réseaux vers Magog à cet endroit. Mais, en échange, Magog prolongerait les siens pour qu’ils puissent rejoindre des citoyens d’Orford dans un autre secteur, celui de la sortie 118 », indique-t-il.

Directrice générale du Canton d’Orford, Danielle Gilbert se montre surprise de la proposition effectuée par le député. « C’est une hypothèse qui n’a pas été discutée », remarque-t-elle d’entrée de jeu.

Mme Gilbert souligne dans la foulée que la municipalité qu’elle dirige n’a pas l’habitude de fournir des services à des personnes qui habitent à l’extérieur du territoire municipal. « On donne notre priorité aux projets chez nous. C’est une ligne de conduite qui est partagée avec le politique. Entre autres, il faut comprendre qu’on puise notre eau grâce à des puits et non dans un énorme lac comme Magog », note-t-elle.

Cela dit, la directrice générale du Canton d’Orford reconnaît que l’idée d’un échange de capacités constituerait un scénario différent. Elle évite conséquemment de fermer trop rapidement la porte à la proposition émise.

Magog en mode écoute

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, assure pour sa part que son administration est prête à envisager toutes les pistes de solution. « Je ne sais pas si nos réseaux ont la capacité nécessaire pour satisfaire les besoins des éventuels promoteurs. Mais on s’est engagé à regarder ce dossier sérieusement », mentionne-t-elle.

Par contre, Mme Hamm avoue qu’il ne serait pas simple pour sa municipalité de prolonger ses réseaux d’égouts et d’aqueduc jusqu’à Orford. « Le problème, ce serait de passer sous l’autoroute 10 », admet-elle.

En dépit de son ouverture, Mme Hamm laisse entendre qu’elle en sait peu, pour le moment, sur les investisseurs européens qui sont en voie de mettre la main sur une série de terrains, d’une superficie totalisant 80 hectares, à la sortie 115.

Rappelons que Gilles Bélanger croit possible qu’un projet de 200 à 250 millions $ voie le jour sur les terrains convoités par les investisseurs européens en question. Il suggère d’installer une remontée mécanique pour relier les futures habitations aux pistes de ski de la station Mont Orford.