Le gouvernement du Québec ne devrait pas se mêler des dossiers d’hébergement de type Airbnb dans les municipalités, arguent les élus sherbrookois.

Sherbrooke veut garder son règlement sur les Airbnb

Le gouvernement du Québec ne devrait pas se mêler des dossiers d’hébergement de type Airbnb dans les municipalités, arguent les élus sherbrookois. À l’instar de la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, le maire Steve Lussier et les conseillers Vincent Boutin et Nicole Bergeron souhaitent l’adoption d’une résolution pour que les villes continuent de choisir où les locations à court terme seront permises.

Vincent Boutin a été le premier à s’opposer à une disposition du projet de loi 49, qui permettrait la location à court terme sur l’ensemble du territoire. « Au prochain conseil, nous devrions nous aussi faire une résolution pour demander l’abrogation de l’article qui porte sur ce sujet. Ceux qui vivent les contrecoups de l’hébergement illégal, ce sont les municipalités. Ça crée une pression sur les centres-ville. Il y a moins de résidants au centre-ville. La spéculation fait qu’il coûte plus cher d’avoir accès à la propriété et il y a aussi une question de quiétude. Surtout, les municipalités ne sont pas des créatures du gouvernement du Québec. Le gouvernement vient faire le contraire de ce qu’il nous a dit à l’époque où il nous a reconnus comme des gouvernements de proximité. Il ne faut pas laisser passer cette disposition. »

Nicole Bergeron confirme pour sa part que le maire Lussier a déjà écrit à la mairesse de Magog pour obtenir une copie de la résolution que son conseil souhaitait adopter lundi. « C’est inacceptable qu’on se fasse dicter par le gouvernement quoi faire dans un champ de compétence des villes. On va nous aussi adopter rapidement une résolution pour le dire haut et fort. L’Union des municipalités va probablement recueillir ces résolutions et en adopter une à son tour à son conseil d’administration. »

La Ville de Sherbrooke a déjà statué, dans un règlement, dans quels secteurs de la ville les hébergements à court terme sont permis. « Les usages sur notre territoire relèvent de nous. Il est important, pour le principe, de réagir. S’il y a lieu de modifier le règlement, nous en parlerons entre nous. Il y a toute la question de l’iniquité. Quelqu’un qui va dans un hébergement reconnu paie une taxe pour faire la promotion du développement touristique. Ça ne se fait pas avec le Airbnb. C’est un peu comme le commerce en ligne ou la musique : il y a beaucoup d’enjeux. Nous plaidons que les Villes peuvent décider, comme pour le développement commercial ou le développement industriel, où elles souhaitent avoir ce type d’hébergement. »