À la suite d’une nouvelle règlementation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, la Ville de Sherbrooke doit s’assurer que les projets de construction n’augmenteront pas la quantité des eaux non traitées dans les rivières Saint-François et Magog.

Sherbrooke investira 1,4 M$ pour contenir les eaux usées

Des investissements de 1,4 M$ seront nécessaires d’ici trois ans pour permettre le développement immobilier dans les zones prioritaires de développement à Sherbrooke. Ces sommes permettront de limiter les débordements des eaux usées dans les cours d’eau du territoire.

Les zones prioritaires de développement se trouvent surtout à Rock Forest, à Saint-Élie, dans le secteur du Carré Belvédère et un peu à Brompton. Ces investissements ne sont pas liés au moratoire imposé à Saint-Élie en attendant l’agrandissement de sa station d’épuration.

À la suite d’une nouvelle règlementation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, la Ville de Sherbrooke doit s’assurer que les projets de construction n’augmenteront pas la quantité des eaux non traitées dans les rivières Saint-François et Magog. Ce sont les ouvrages de débordement, qui permettent des rejets dans les rivières en période de fortes pluies, qui sont visés.

« Nous avons 138 ouvrages de débordement, soit des postes de pompage, des ouvrages de surverse ou des régulateurs de débit. En 2016, le gouvernement a changé la loi. Nous avons été obligés de monitorer l’ensemble de nos ouvrages de surverse. Nous devions déposer un plan de gestion des débordements à la fin de 2017 et produire un plan correctif pour les futurs développements », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.

« Nous en avons seulement 39 qui sont touchés par le développement. Ça veut dire que les 99 autres ne sont pas affectés du tout, donc nous n’avons aucune intervention à faire dessus. Sur les 39, il y en a 13 qui ont été graciés par le ministère parce que nous avons déjà fait des interventions dans le passé et 7 pour lesquels il n’est pas nécessaire d’intervenir.

« Actuellement, nos 138 ouvrages respectent le règlement en vigueur, mais le ministère ne veut pas qu’on déverse plus. Parce que nous sommes extrêmement performants à la Ville de Sherbrooke, mieux que beaucoup d’autres villes, notre façon d’atteindre le nouveau critère exige plus de travail », précise Mme Gravel.

19 ouvrages à corriger

Ce sont donc 19 ouvrages qui devront être corrigés pour que le développement se poursuive dans les zones prioritaires. « Nous avons 1,4 M$ à investir, ce qui n’est quand même pas beaucoup pour augmenter la capacité des ouvrages de débordement. »

Les ouvrages de surverse sont nécessaires lorsque les conduites sanitaires et pluviales ne sont pas séparées et que l’eau souillée se mêle à l’eau de pluie rejetée dans les rivières lors d’importantes ondées. « Les déversements, ce sont 3 % d’eaux usées et 97 % d’eau de pluie. Avant la station d’épuration, c’était 100 % de l’eau usée dans la rivière, 365 jours par année. Maintenant, c’est environ 8 jours par année. »

Mme Gravel note que la Ville a déjà investi 10 M$ dans son réseau pour séparer les conduites entre 2013 et 2017. Elle a aussi injecté 3,4 M$, financés par des programmes de subvention, pour corriger 13 ouvrages de surverse.

« Si on veut zéro ou presque zéro débordement à moyen ou long terme, il faudrait investir 150 M$, soit 100 M$ pour la séparation des réseaux et 50 M$ pour la construction de cinq bassins de rétention dans des milieux où on est incapables de séparer les réseaux. Nous avons 128 km de réseau pluvial qu’il faudrait rajouter. Il faut prévoir 1000 $ du mètre pour séparer les réseaux. Des fois, nous n’avons pas des effets immédiats parce que des fois nous avons un réseau séparé qui retombe dans un réseau unitaire. Il faut donc séparer jusqu’au bout. »

Caroline Gravel estime que des fonds gouvernementaux pourraient être dégagés prochainement pour aider à la séparation des réseaux.