On a dévoilé lundi soir les plans du projet Well Inc.

Sévigny: « On va investir des millions »

À défaut d’être en mesure de chiffrer la participation de la Ville dans le projet du consortium formé pour construire un village vertical, un parc et le stationnement à étages de Well inc., le maire Bernard Sévigny avance que les investissements municipaux seront de plusieurs millions.

En réalité, le principal investissement sera l’acquisition du stationnement, construit par le consortium et revendu à la Ville par la suite. Il pourrait compter entre 700 et 950 places.

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« Le nombre de cases n’est pas lié directement aux bâtiments. C’est pour le quartier. Il y a des stationnements qui seront utilisés par des bâtiments à l’extérieur du projet du consortium. Oui on va investir de l’argent, beaucoup d’argent, des millions, mais en même temps, on investit dans des infrastructures pour générer de la richesse. Avec 50 M$ de fonds privé, c’est le signal qu’on souhaitait », dit M. Sévigny.
« Par la suite, nous serons locataires dans un des édifices. Il ne faut pas penser que ça ne coûtera rien. Ce serait un peu illusoire de penser que les organismes s’installeront là de façon gratuite. Ce n’est pas ça la réalité. Ça coûtera de l’argent, mais l’impulsion que ça va donner va générer davantage de richesse. Quand on investit dans une infrastructure dont la durée de vie est de 50 ans, on ne peut pas penser de le rentabiliser en cinq ans. »
Le coût de location des locaux avancé lundi était d’environ 15 $/pied carré. Des organismes comme Pro-Gestion, Sherbrooke Innopole et Commerce Sherbrooke occuperont des espaces dans un bâtiment baptisé QG, une construction du consortium qui comptera environ cinq étages.
« C’est un concept intéressant où on vient faire un mix de commerces, de bureaux d’affaires et de logements. C’est audacieux parce que la volumétrie est massive, mais en même temps, c’est l’impulsion qu’on veut donner. On veut changer le visage de Wellington Sud. Ce projet phare permettra d’atteindre ces objectifs et de faire en sorte que d’autres projets vont se greffer. L’idée derrière ça, c’est un quartier à développer et la facture visuelle est intéressante. Le projet va se raffiner, mais ça donne une bonne idée de ce à quoi ça va ressembler. Le fait qu’on ajoute du logement, c’est nouveau, mais quand c’est bien intégré, ça respecte l’objectif de densification. »

Bernard Sévigny

Bernard Sévigny ajoute que le calendrier pour dévoiler le projet s’est imposé, qu’il ne s’agit pas d’un calcul politique, et que les nouveaux élus auront amplement le temps de se familiariser avec le dossier avant d’entériner une entente avec le consortium.
« Il faut livrer le bâtiment pour les clients du consortium au plus tard au début de 2020. On sait que c’est un chantier de 24 mois. Si on repousse de trois ou quatre mois, on n’arrivera pas, on aura un problème. Ç’a été présenté dans le cadre d’une séance publique du conseil municipal. Ce n’est pas une opération politique. En même temps, ça permet de valider les concepts. Le reproche, bien souvent, c’est de dire : vous saviez et vous ne l’avez pas dit. On s’est dit : mieux vaut le présenter parce qu’on est rendu là dans l’analyse. Il n’y a pas de calculs politiques là-dedans. Il y aura quelques semaines pour que les nouveaux membres du conseil puissent se familiariser avec le dossier. Apprécier un projet comme ça, ça ne prend pas trois mois. Si on veut être conseiller municipal, c’est parce qu’on a la capacité d’analyser des dossiers. C’est devenu un projet collectif à réaliser, mais bien sûr, pas à n’importe quel prix. »

Steve Lussier

Steve Lussier persiste et signe

Le candidat indépendant à la mairie Steve Lussier, lui, persiste et signe : la Ville doit arrêter de travailler à l’aveugle et chiffrer les investissements attendus dans le cadre du projet de revitalisation de la Wellington Sud.
« Encore après la présentation d’hier (lundi), la Ville n’était pas capable de chiffrer les investissements qui seront nécessaires pour Well inc. C’est comme si quelqu’un venait me voir à la banque pour un projet et me dirait : ‘‘je gagne tant d’argent par année, mais je n’ai pas de papier pour le prouver’’. Il faut travailler avec une base, avec des chiffres, ce que nous n’avons pas pour le moment », affirme-t-il, en admettant du même souffle qu’il s’agit d’un « beau projet nécessaire pour revitaliser ce coin ».

- Avec Chloé Cotnoir