L’inflation frappe plus durement les pauvres que les riches au Québec, y compris depuis le début de la pandémie, selon une étude rendue publique mercredi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.
L’inflation frappe plus durement les pauvres que les riches au Québec, y compris depuis le début de la pandémie, selon une étude rendue publique mercredi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques.

Selon l’IRIS, l’inflation affecte durement les plus démunis

L’inflation frappe plus durement les pauvres que les riches au Québec, y compris depuis le début de la pandémie, selon une étude rendue publique mercredi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Depuis 20 ans, les prix des biens et services achetés par les familles les plus pauvres ont augmenté plus rapidement que ceux consommés par les familles les plus fortunées.

L’étude menée par Pierre-Antoine Harvey et Minh Nguyen, chercheurs associés à l’IRIS, indique qu’entre 1999 et 2019, le prix du panier de consommation des plus pauvres est passé de 32 766 à 42 513 $, soit une hausse de 29,7 %. Pendant cette même période, celui des plus riches est passé de 85 746 à 105 990 $, soit une augmentation de 23,6 %. 

Cet écart de 6,1 points de pourcentage démontre notamment l’effet cumulatif de l’inflation sur les ménages à faible revenu, indique Pierre-Antoine Harvey.

«Ce que notre étude démontre, c’est que l’inflation a un impact beaucoup plus grand sur les ménages les plus pauvres, car ceux-ci consacrent déjà une plus grande partie de leurs dépenses aux produits de base que sont l’alimentation, logement, transport). Or, si les prix des produits de base augmentent plus rapidement que la moyenne, et que leurs revenus n’augmentent pas en conséquence, ils sont doublement pénalisés.»

La pandémie liée au coronavirus affecte aussi de façon plus marquée les dépenses des ménages les plus pauvres, note M. Harvey. Notamment au chapitre de l’alimentation.

«On sait que les familles pauvres consacrent en moyenne 17% de leurs revenus à l’alimentation, contre 12,5 % pour les riches. Or, quand le prix du bœuf explose, comme c’est le cas depuis quelques mois, cela a un impact majeur sur les finances des ménages les plus faibles.»

Selon les chercheurs, les données recueillies dans cette étude devraient inciter les pouvoirs publics à tenir compte de l’impact réel de l’inflation dans l’élaboration des programmes sociaux.

«Actuellement, lorsqu’on ajuste la pension de vieillesse ou le crédit de solidarité à l’inflation, on n’arrive pas à protéger entièrement le pouvoir d’achat des ménages les plus faibles. Il y a une sous-évaluation de l’augmentation du coût de la vie pour les ménages pauvres qui continue de les pénaliser», constate M. Harvey. 

L’échantillon observé dans le cadre de cette étude tient compte des données de Statistique Canada. Parmi les 20% de familles les plus pauvres, le ménage type est composé d’au moins deux personnes, très souvent sans enfant, ou encore de familles monoparentales dont aucun des membres n’occupe un emploi. Ils sont majoritairement locataires et leurs revenus avant impôt est inférieur à 35 000 $ par année.

À l’autre extrémité, les 10% des familles les plus riches sont majoritairement en couple avec enfants. Au moins un membre de la famille occupe un emploi et possède au moins une résidence ainsi qu’une voiture. Leur revenu annuel avant impôt est d’environ 230 000 $.