L’ingénieur Sébastien Dubuc a présenté les études de circulation de la rue Bertrand-Fabi.

Scepticisme dans le secteur Bertrand-Fabi

Les mesures proposées par la Ville de Sherbrooke pour améliorer la fluidité sur la rue Bertrand-Fabi ont été accueillies avec scepticisme lors d’une séance d’information tenue lundi soir. La quarantaine de citoyens présents à la Maison des jeunes Serge Forest s’inquiétaient entre autres du retrait de l’arrêt à l’angle de la rue Charny.

Rappelons que le développement résidentiel dans cette cellule de Rock Forest prévoit l’ajout de 2600 portes d’ici 15 ans. Le secteur en compte 2200. La pression sur le boulevard Bertrand-Fabi sera énorme, encore plus sur l’intersection avec la rue King, qui compte déjà le passage de 46 000 véhicules chaque jour.

Parmi les mesures d’amélioration, notons des travaux cet été pour ajouter une voie de virage sur la rue King Ouest, vers la rue Bertrand-Fabi, et l’ajout de deux voix sur la rue Bertrand-Fabi jusqu’à la rue Varennes. D’ici trois ans, l’intersection de la rue Comtois devrait être déplacée plus au sud et, à terme, sept feux de circulations seraient ajoutés dans la rue Bertrand-Fabi. L’arrêt de la rue Charny, lui, serait retiré.

Le citoyen François Belhumeur doute par exemple que d’orienter certains résidants vers le boulevard Bourque, grâce à de nouvelles voies de circulation, plutôt que la rue Bertrand-Fabi, règlera le problème. Il craint une congestion sur le boulevard Bourque.

« Le boulevard a la capacité d’accueillir beaucoup plus de véhicules parce qu’il compte deux voies et que les véhicules traversent majoritairement les intersections en ligne droite », répond Sébastien Dubuc, ingénieur de projet.

Chantal Groleau a rappelé l’importance de l’arrêt à la hauteur de la rue Charny, où « il y a zéro visibilité sur la gauche. Avant, nous avions même un miroir pour voir si une voiture arrivait. On va se faire tuer à essayer de sortir de la rue ».

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines et du développement durable à la Ville de Sherbrooke, affirme qu’il est « hors de question qu’on envoie nos citoyens se faire tuer en traversant une intersection » et qu’un réaménagement est prévu.

Normad Métivier a d’ailleurs obtenu la confirmation que la Ville pourra exiger l’abattage d’une haie de cèdres si elle nuit à la visibilité d’une intersection. Il s’est aussi inquiété des automobilistes qui voudront effectuer des virages à gauche à un feu de circulation. « Personne ne leur donnera la priorité. »

Il propose du même coup des feux de circulation variables, à n’utiliser que lors des périodes de pointe, comme le matin et le soir, ce qui n’est pas permis, selon Caroline Gravel.

« Il est prouvé que les feux de circulation augmentent la fluidité. Nous avons plusieurs études dans la ville de Sherbrooke qui le démontrent. L’idéal aurait été d’avoir deux voies tout le long de la rue Bertrand-Fabi, mais nous travaillons dans un milieu déjà bâti et il coûterait trop cher de faire des acquisitions de terrains », résume Mme Gravel.

L’option d’une troisième voie unique, bidirectionnelle, qui pourrait être empruntée vers King le matin et en sens inverse le soir, n’est pas applicable. « Toutes nos simulations démontrent que nous n’avons pas vraiment besoin d’une troisième voie. Ce serait aussi très lourd sur la signalisation », prévient Sébastien Dubuc.

« C’est ce qui arrive quand on laisse des promoteurs ajouter des maisons dans une ville où nous n’en avons pas besoin », a réagi Véronique Robichaud.

« Dans une ville, l’étalement urbain n’est pas recherché. Nous avons essayé de resserrer nos plans de développement le plus possible », convient Caroline Gravel.

Parmi les autres aménagements présentés, un îlot sera ajouté sur la rue Léger pour délimiter les voies. Une piste multifonctionnelle apparaîtra aussi à l’est de la rue Bertrand-Fabi.