Samuel Choquette, Étienne Penelle et Juan Rincon ont lancé la marque Kool Apparel, qui sensibilise à l’importance de prendre soin de sa santé mentale.

Santé mentale: les vêtements Kool Apparel affichent leurs couleurs

Trois jeunes hommes de Granby ont décidé d’utiliser la culture de l’apparence comme outils de sensibilisation à l’importance de prendre soin de sa santé mentale. Colocataires, amis et maintenant partenaires d’affaires, Juan Rincon, Samuel Choquette et Étienne Penelle ont lancé la semaine dernière Kool Apparel, une marque de vêtements qui vise à sensibiliser ceux qui ne se sentent pas interpelés par les méthodes conventionnelles de prévention.

« On veut installer un courant de pensée », souhaite Juan Rincon, qui a lui-même éprouvé certains problèmes. Kool Apparel veut faire sa marque en prévention et promotion de la santé mentale. Tous les problèmes de santé mentale sont touchés par la mission de la marque, que ce soit la dépression, les troubles alimentaires ou l’anxiété, pour ne nommer que ceux-là.

Un organisme qui œuvre dans ce domaine, mais avec qui l’entente n’est pas encore signée, recevra 10 % des ventes. Le trio veut également organiser des activités, comme des conférences dans des écoles secondaires ou des ateliers en gestion de stress et offrir l’accessibilité à des ressources en ligne, selon les partenariats qui pourraient être signés, en plus d’être présent lors de certains événements.

L’image de l’entreprise va naturellement dans ce sens, alors qu’elle cherche à transformer les vêtements en tissus porteurs de messages et à encourager le partage des émotions. « Les gens s’identifient beaucoup à ce qu’ils portent », remarque M. Rincon.

Les mannequins qui portent les vêtements de Kool Apparel sur le site web de l’entreprise ont des corps variés qui sortent des standards de beauté qu’impose l’industrie de la mode. « La santé mentale n’a pas de forme, de sexe, d’âge, d’ethnie et d’orientation sexuelle, peut-on lire dans la section dédiée à la mission des fondateurs sur le site web du commerce. Nos mannequins ont non seulement des formes et des apparences diverses, mais ils ont tous un témoignage cru et authentique qui est présenté dans notre blogue. »

Le reflet face à la réalité

Le mot Kool, dont le K est inscrit à l’envers sur le logo, devient le mot « Look » lorsque la personne qui porte le vêtement regarde son reflet. Il s’agit d’un rappel de l’importance de se regarder et de regarder autour de soi pour voir et discuter de ce qui ne va pas.

Les dessins imprimés véhiculent des messages. Par exemple, l’un d’eux représente deux roses — l’une rouge, pleine de santé et son reflet, noir et malade, symbolisant la réalité de la maladie.

Le slogan « Regarde en toi » est aussi imprimé sur quelques modèles.

Ces images et ces mots peuvent donner lieu à des discussions. Selon Juan Rincon, une partie de la solution pour retrouver une bonne santé mentale est de trouver la cause du mal qui nous ronge. Il est important de parler de santé mentale autant que de santé physique avec ses proches, de partager sur ses émotions, d’accepter l’aide.

« On dirait que les gens ont peur d’en parler. On veut briser les tabous, expose-t-il. C’est un de nos plus grands objectifs. Le fait de porter publiquement un message, bien qu’il ne soit pas explicite, c’est un peu l’objectif même de Kool. On veut rendre normale la prise de conscience de sa santé mentale. »

« La réponse est très surprenante »

Les trois fondateurs sont sortis des sentiers battus pour œuvrer en santé mentale. Leurs études académiques ne les prédisposaient pas à se lancer dans la mode.

Étienne Pennelle en est à sa dernière année en génie mécanique, tandis que Juan Rincon et Samuel Choquette sont finissants en kinésiologie à l’Université de Sherbrooke. Ces derniers sont à même de constater le peu d’intérêt que les gens accordent à leur santé mentale.

M. Rincon a lui-même connu des moments difficiles. « Pour moi, c’est une cause qui me tient à cœur parce que j’ai vécu un chapitre de ma vie très difficile. Toute ma vie, j’ai été négligent envers mes émotions, raconte le jeune homme d’origine colombienne. Je suis un réfugié de guerre arrivé ici en 2005. J’ai laissé ce vécu-là de côté, j’ai voulu performer pour m’intégrer dans la culture d’ici. Tous mes objectifs, je les réussissais, mais en laissant de côté mes deuils. J’ai compris c’était quoi, être en détresse, quand j’ai frappé un mur. J’ai compris que je voulais m’y investir. »

Durant les sept derniers mois, ils ont travaillé fort pour lancer leur entreprise, de la création du nom de la marque à la production du produit, en passant par l’enregistrement de la boutique en ligne.

Le 26 septembre a été une journée forte en émotions pour eux puisqu’ils procédaient au lancement officiel de Kool Apparel. Ils ont par le fait même lancé une précommande pour ceux qui veulent être les premiers à se procurer ces vêtements.

« Jusqu’au 10 octobre, qui est la Journée mondiale de la santé mentale, on prend le maximum de commandes et, ensuite, on les livre aux clients. La réponse est très surprenante ! », assure M. Rincon.

Quelques facultés de psychologie ont approché la jeune entreprise pour des projets, comme un défilé de mode qui servira de campagne de financement. Des artistes ont aussi approché les propriétaires de la marque parce que leur mission les rejoint beaucoup.