Plusieurs organismes communautaires de l’Estrie ont signé jeudi la Déclaration commune pour le salaire minimum à 15 $ de l’heure.

Salaire minimum à 15$ : des groupes se mobilisent en Estrie

Plusieurs groupes et organisations de l’Estrie ont apporté jeudi leur signature à la Déclaration commune pour le salaire minimum à 15 $ de l’heure. Ils souhaitent ainsi avoir plus de poids politique dans leur demande.

« Souvent on se fait dire qu’on est des pelleteux de nuages, des go-gauchistes, que nous n’avons pas d’assises et que personne ne croit à se qu’on porte, souligne Manon Brunelle, du comité régional de la campagne 5-10-15. Le fait d’aller chercher des appuis vient cautionner et donner de la crédibilité à nos revendications. Le but de cette déclaration, c’est qu’elle nous serve politiquement. On a pas encore établi clairement notre stratégie, mais les gens vont être appelés à d’autres actions dans les mois à venir. »

La Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke, Moisson Estrie, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et l’Association des consommateurs de l’Estrie font partie des 27 signataires de la déclaration. D’autres pourraient s’ajouter dans les prochaines semaines.

« On est en 2018, on est une province qui s’est dotée d’une loi pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, il faudrait peut-être être cohérent, explique Mme Brunelle. D’autres provinces le font alors pourquoi le Québec traînerait de la patte dans un mouvement qui se fait ailleurs. »

Mme Brunelle met toutefois en garde que cette hausse du salaire minimum ne doit pas se faire au détriment des services publics et des programmes sociaux.

« Si on augmente le salaire minimum, mais qu’on coupe dans les services, l’effet sera nul, prévient-elle. Pour arriver à vivre décemment aujourd’hui, et j’insiste sur le mot ‘‘décemment’’, ça prend 15 $ de l’heure et ça prend le maintien des programmes accessibles et gratuits. À 12 $ de l’heure on survit. »

Un pansement sur une plaie ouverte

Le temps des fêtes est à nos portes et les occasions pour donner de l’argent et des denrées pour les plus démunis sont nombreuses. Or, ce n’est pas la façon la plus optimale de lutter contre la pauvreté selon Mme Brunelle.

« Je ne veux pas choquer les gens qui croient fermement aux bienfaits des guignolées. Je suis convaincu et je dis toujours que c’est bien d’aider ces gens à passer un meilleur temps des fêtes ou à les aider lors de la rentrée scolaire. Mais ça ne remplacera jamais un salaire qui permet aux personnes de pouvoir gérer de façon autonome un budget qui leur permet de se gâter, de s’acheter de la nourriture et des biens. La charité ne remplace pas un revenu. Ça fait des années que ça perdure et on dirait qu’il n’y a pas d’intention d’y mettre fin. C’est comme si c’était en train de s’institutionnaliser. »