On voit ici le fondateur de Pyramidestal, Pierre Béliveau, avec un prototype de la capsule. Il est entouré de Yan Desjardins (directeur marketing), de ses fils Jean-Philippe (DG) et Benoit (président) et de Philippe Corriveau (investisseur).

Révolution dans l'industrie funéraire: les « momies » du futur

Depuis des millénaires, la momification des corps fascine. Pyramidestal, une entreprise de Granby, a décidé d’utiliser ce concept, jumelé à des technologies et des matériaux de pointe, afin de révolutionner l’industrie funéraire à travers le globe.

« Le monde des cercueils est complètement archaïque. Proposer quelque chose de déjà vu, ce n’était pas une option. En affaires, tu innoves ou tu ne fais rien. On arrive avec une technologie qui va complètement changer la donne », a indiqué en entrevue Philippe Corriveau, investisseur dans le projet de Pyramidestal.

À LIRE AUSSI: «Défier le temps qui passe»

Le projet est né de la fascination de Pierre Béliveau pour les pyramides égyptiennes et les corps momifiés des pharaons dans leurs sarcophages. En 2015, lors des balbutiements de son initiative, il avait confié à La Voix de l’Est avoir en aberration le fait que l’on enterre une tombe en sachant que la dépouille qui s’y trouve va se décomposer. Il a donc mis au point une capsule hermétique en acier inoxydable, dans laquelle on retire l’oxygène pour ensuite injecter un gaz inerte afin de préserver le corps du défunt.

Quatre ans plus tard, le projet est « à maturité ». « On a travaillé fort. Maintenant, c’est le temps de dévoiler le fruit de notre travail au monde entier », a indiqué le fondateur de l’entreprise, à laquelle se sont greffés ses fils Benoit et Jean-Philippe, respectivement président et directeur général de la compagnie.

Les associés misent désormais sur un amalgame d’aluminium et de polycarbonate pour assurer une longévité et une efficacité inégalées à leur capsule, nommée « pyrale », dans laquelle les corps pourront être préservés « durant des centaines d’années ». « Terminée, la pollution de la nappe phréatique avec les cercueils traditionnels. Même chose pour [la crémation] des corps qui est aussi dommageable pour la qualité de l’air. On arrive avec une option vraiment verte », a mentionné le président.

Marché

Un des principaux défis d’une telle innovation réside dans l’étanchéité de l’ensemble. Pour parer à toute éventualité, Pyramidestal a incorporé une sonde dans le boîtier. « Dès qu’il y a une fuite de gaz, même la plus minime, on le sait immédiatement », a fait valoir le président de l’entreprise.

Selon ce dernier, l’invention est protégée par des brevets au Canada et aux États-Unis. « On veut l’élargir à l’échelle internationale », a mentionné le DG de la compagnie.

Un premier pas sera franchi lors du lancement officiel de la capsule à l’occasion du Salon de la mort de Montréal, les 2 et 3 novembre. « On va frapper un grand coup », a imagé Benoit Béliveau.

Le Québec sera le premier marché que l’entreprise tentera de percer par l’entremise de partenariats avec des salons funéraires. Suivront le reste du Canada et les États-Unis. « Une fois qu’on se sera fait connaître à Las Vegas, on fera des affaires sur toute la planète », a indiqué Philippe Corriveau. Une plateforme Web sera également lancée pour « élargir la clientèle ».

Les capsules seront principalement destinées aux cryptes. Il sera toutefois possible de les enterrer. « On veut offrir plusieurs options aux clients. On pourra même personnaliser les produits en choisissant les couleurs », a spécifié Jean-Philippe Béliveau.

Outre leur volonté d’offrir des produits de qualité « à prix concurrentiels », les dirigeants de Pyramidestal souhaitent engendrer des retombées ici. « C’est important de faire travailler des gens de la région. Notre capsule sera 100 % québécoise », a affirmé le fondateur de la compagnie. D’ailleurs, l’entreprise ouvrira au cours des mois à venir son usine d’assemblage à Granby, dans un tout nouvel immeuble locatif industriel, en bordure de la route 139. (lire texte en page 12)