Le centre-ville de Sherbrooke sera l’objet de plusieurs chantiers en 2019, ce qui devrait être le début d’une ultime tentative pour le revitaliser.

Revitalisation du centre-ville: «C'est notre dernière chance»

«Je l’ai déjà dit, mais c’est vrai : c’est notre dernière chance. Il faut que la revitalisation du centre-ville se fasse dans ce mandat-ci. Il y aura tellement de choses en place. J’espère que ce sera une grosse boule de neige qui continuera de rouler et que les gens auront envie de venir au centre-ville.»

La conseillère Chantal L’Espérance n’en démord pas : les élus ne peuvent pas se tromper. Le Quartier Well Sud doit voir le jour dans les prochaines années. Et déjà, en 2019, plusieurs chantiers seront lancés au centre-ville.

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Les citoyens verront la deuxième année du parc éphémère sur la rue Wellington Sud. Une décision sera aussi rendue pour le déplacement du théâtre de la place Nikitotek. La construction du centre de diffusion pour la jeunesse commencera et un tronçon reliant les rues du Dépôt et des Grandes-Fourches, près du Siboire, sera aménagé. Des actions sont prévues au parc Racine pour le rendre plus convivial et un projet pilote pourrait voir le jour pour aider les commerçants victimes de tags et de graffitis.

Le plat de résistance sera bien entendu le dévoilement du projet du Quartier Well Sud. Les enveloppes de propositions seront ouvertes le 18 janvier. « À la mi-mars, pour marquer l’arrivée du printemps, ce serait bien qu’on arrive avec une recommandation. »

Mais il faudra d’abord que des promoteurs se montrent intéressés. « Si on nous a demandé de reporter l’ouverture des enveloppes (prévue en novembre), c’est parce que des gens sont intéressés à soumissionner. Pour moi c’est bon signe. On espère que la qualité sera au rendez-vous et que le comité de sélection aura l’embarras du choix. À la fin du processus, ils devront nous montrer leur choix et ceux qu’ils ont rejetés. Nous devrons ensuite faire une entente avec le promoteur pour que le projet s’intègre bien au milieu. » 

Les partenaires qui s’étaient montrés intéressés au QG de Well inc. seraient toujours prêts à faire partie de l’aventure. Il s’agit entre autres de l’Université de Sherbrooke, de Commerce Sherbrooke, de Sherbrooke Innopole et de Pro-Gestion Estrie.

Une consultation publique

Une fois le concept du Quartier Well Sud choisi, une consultation publique sera organisée pour l’élaboration du plan directeur de la zone prioritaire. « Il nous faut un projet majeur pour faire un plan directeur. S’il n’y a pas de projet en janvier, peut-être que le plan directeur viendra avant. Mais nous souhaitons que le projet du Quartier Well Sud soit une locomotive et qu’il entraîne des wagons à sa suite. »

Le concept d’aménagement du centre-ville sera donc à l’ordre du jour. « Il faut trouver une façon pour que nos projets forment un grand tout. Le dernier plan particulier d’urbanisme du centre-ville date de 1986. Normalement, on fait ça pour 20 ans. »

Chantal L’Espérance rêve d’un programme de résidences d’artistes qui pourrait faire un lien entre les grands pôles du centre-ville. « Il ne faut pas avoir peur du développement. Well Sud aura un ADN différent du secteur Abénaquis. Ils n’attireront pas les mêmes choses. Wellington Nord, entre les deux, ne pourra qu’en profiter, entre autres avec le tourisme gourmand. Il ne faudra pas qu’on essaie d’ouvrir des tonnes de restaurants sur Abénaquis par exemple. Ce seront plutôt des entreprises créatrices d’emplois et du résidentiel. »

Des dépenses critiquées

Les dépenses, entre autres pour la construction d’un pont signature, sont parfois critiquées. « Pour moi, au centre-ville, ce sont des investissements. En Europe, il y a beaucoup de ponts signature. Ils marquent des époques. Les touristes les prennent en photo. Certains organisent même des événements en lien avec les ponts. Il faut juste que ce soit bien réalisé, avec des matériaux de qualité, et que le design devienne classique. »

Mais la modernité peut-elle côtoyer des bâtiments patrimoniaux? « L’intégration par contraste, ça fonctionne. La Maison du cinéma y est parvenue. Ce n’est pas laid du tout. »

Enfin, le débat autour du stationnement pourrait se poursuivre. « L’augmentation du taux horaire de 0,25 $ est un irritant, mais ça ne va pas tuer personne. Ça nous permettra peut-être de développer de nouveaux projets, comme de rendre le stationnement gratuit pendant la période des Fêtes. Là-dessus, je m’assume très bien. Nous sommes parmi les villes les moins dispendieuses.

« Le stationnement nous préoccupe parce qu’on sait à quel point il a joué un rôle dans l’échec de Well inc. Le stationnement Webster arrive à la fin de sa vie utile. Il faudra aussi du stationnement dans le secteur des Abénaquis. Un stationnement de surface n’est pas très rentable, alors il faut aller pour le souterrain ou l’étagé. Le problème au centre-ville, c’est que la nappe phréatique est peu profonde. C’est pour ça entre autres que pour l’Hôtel Times, il n’était pas possible de creuser beaucoup. Nous essayons donc de profiter des dénivelés, comme ceux entre la rue Wellington Nord et la rue du Dépôt. On peut en profiter pour cacher les stationnements. »

2019 en 6 projets
1. Ouverture des propositions pour le Quartier Well Sud et entente avec un promoteur
2. Début des travaux pour le centre de diffusion pour la jeunesse
3. Début des travaux pour le pont des Grandes-Fourches
4. Décision pour le déménagement du théâtre de la place Nikitotek
5. Construction d’un nouveau lien entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt
6. Démolition des immeubles de la rue Galt Ouest, entre les rues Belvédère et Alexandre