La Caisse Desjardins du Val-Saint-François n’a pas l’intention de reculer sur sa décision de retirer son guichet automatique à Racine à la fin de 2019. Elle se dit toutefois en mode solution pour les citoyens et les commerçants qui en subiront les conséquences.

Retrait du guichet Desjardins à Racine : « On est en mode solution »

Pétition ou pas, la Caisse Desjardins du Val-Saint-François retirera son guichet automatique à Racine à la fin de l’année.

Les commerçants du marché public Locavore et les citoyens qui s’étaient déplacés à l’assemblée générale annuelle de l’institution financière, lundi soir à Windsor, n’ont pas ébranlé la direction.

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« Ils ont manifesté leurs inquiétudes et on est très sensibles à ça, assure le directeur général de la Caisse, Joé Robert. On est en mode solution avec eux. »

Rappelons que la décision de retirer ce guichet, tout comme comme ceux de Bonsecours et de Sainte-Anne-de-la-Rochelle d’ailleurs, a été annoncée aux membres l’automne dernier.

Comme dans d’autres petits milieux, la présence des guichets automatiques est remise en question parce que leur utilisation y est en baisse marquée au profit des services automatisés.

Desjardins a en même temps entrepris d’implanter une nouvelle génération de guichets dans l’ensemble de la province.

« Ceux qui restent à Racine, Bonsecours et Sainte-Anne-de-la-Rochelle sont une technologie désuète qui ne sera plus supportée par notre fournisseur à la fin de l’année », dit M. Robert.

Or des gens contestent ce retrait, alléguant que l’accès à de l’argent comptant est primordial pour la clientèle du marché public estival à Racine.

C’est une pétition de plus de 900 noms qui a été déposée lundi soir. La municipalité de Racine compte environ 1300 citoyens.

« C’est principalement pour le marché Locavore que c’est une préoccupation, constate M. Robert. On est au courant et je suis déjà en communication avec les responsables du marché pour trouver des solutions. Il en existe, il s’agit juste qu’on prenne le temps de s’asseoir ensemble pour en discuter. Les gens ne seront pas mal pris après le retrait du guichet automatique. »

Le directeur général soutient que la Caisse avait adopté la même stratégie quand elle a mis un terme aux services au comptoir à Racine l’année dernière.

Tous les membres qui faisaient exclusivement affaire au comptoir ont été rencontrés pour leur expliquer les solutions alternatives. « On a même proposé des mesures de transport vers notre point de service de Valcourt pour les gens qui en auraient besoin. »


«  C’est décevant mais c’est la réalité avec laquelle on va devoir vivre. Ce n’est pas quelque chose qui aide la communauté.  »
José Larouche

Dans le cas du marché public, M. Robert évoque des terminaux de paiement de type Monetico.

« On veut s’assurer que les gens maîtrisent bien cette technologie-là, car les clients qui se présentent sans argent comptant à un marché public sont probablement déjà habitués à utiliser des cartes », avance-t-il en se disant ouvert à d’autres solutions.

Commerçante à Racine, José Larouche s’est dit déçue de la décision de sa Caisse même si elle ne s’attendait pas non plus à un revirement de situation

« J’aurais aimé sentir un peu plus de remise en question. Vous pouvez en jaser mais si la décision est déjà prise, on n’a pas plus de possibilités d’avoir de l’argent comptant sur place. Et c’est ça le nerf de la guerre au marché. Tu as à servir des gens rapidement et la monnaie, c’est ce qu’il y a de plus simple et de plus sécuritaire. C’est ce qui rejoint une bonne partie de notre clientèle. »

La dame voit mal comment on pourra donner accès à de l’argent comptant à la clientèle du marché sans engager de frais supplémentaires, que ce soit pour les clients ou pour les producteurs.

« C’est décevant mais c’est la réalité avec laquelle on va devoir vivre. Ce n’est pas quelque chose qui aide la communauté. »

Excédents et ristournes

L’assemblée générale annuelle de lundi a par ailleurs permis de présenter le rapport annuel 2018. L’excédent d’exploitation de l’institution financière a atteint 6,8 millions $ en hausse de 8,5 pour cent sur 2017.

Les ristournes pour les membres de la Caisse du Val-Saint-François vont atteindre 1,34 M$, au même niveau que 2017.

Avec le nouveau volet de ristournes liées aux produits détenus par le membre, note M. Robert, ce sont 4000 membres de plus qui vont avoir une ristourne dans le Val-Saint-François en 2018. « Les deux tiers de nos 22 000 membres vont obtenir une ristourne, ce qui est quand même significatif globalement », souligne-t-il.