Les marchés boursiers et l’économie pourraient revenir à la normale une fois qu’on aura réglé la crise créée par la COVID-19, croit un spécialiste des questions financières de l’Université de Sherbrooke.

Rétablir la santé d’abord pour que l’économie reprenne

Si on veut trouver un remède pour l’économie, on doit d’abord régler les problèmes de santé publique que cause l’actuelle pandémie. Tout mettre au neutre, le temps qu’on voit la lumière au bout du tunnel, est la bonne solution.

Le professeur de l’Université de Sherbrooke Mario Lavallée, spécialiste en finances, approuve le plan de match décrété par les autorités pour régler la crise du coronavirus.

«On doit d’abord régler le problème de la santé au plus vite. C’est important. Ensuite, l’économie pourra reprendre», analyse-t-il.

«Tout arrêter, c’est attaque le problème à sa base. Une fois réglé, on va pouvoir relancer l’économie.»

M. Lavallée demeure quand même prudent. L’actuelle crise n’a pas vraiment d’équivalent, dit-il, en regardant vers le passé. Mais il faut garder espoir, des peuples ont su se relever rapidement.

«Après la Deuxième Guerre, l’Allemagne et le Japon étaient complètement détruits. Il ne restait plus rien. En quelques années, ces pays se sont redressés et l’économie a pu repartir», explique-t-il.

«Aujourd’hui, nous ne sommes pas du tout dans la même situation. Tout est en place. Les usines, les machines et les chaînes de montage sont encore là. On n’a qu’à mettre le tout en marche et c’est reparti. Il reste à savoir si les gens vont vouloir acheter ce que l’on produisait avant. C’est certain quand même qu’il y aura des perdants.»

Les marchés boursiers reprenaient des couleurs mardi matin, après plusieurs jours de débâcle. Les Dow Jones et NASDAQ affichaient des hausses d’environ 6 %. Mario Lavallée suit évidemment l’évolution des indices. Les derniers événements reliés à la COVID-19 et le confinement de centaines de millions de personnes à travers le monde n’ont rien pour rassurer les investisseurs.

Aurait-on dû fermer les marchés boursiers afin de freiner les descentes vertigineuses des dernières semaines? Le professeur Lavallée, un spécialiste en vulgarisation des concepts financiers, de la gestion de portefeuille et de la gestion de caisses de retraite, n’est pas affirmatif.

«Il faut comprendre que les marchés boursiers donnent de l’information. Ils montrent les réactions des investisseurs. C’est le reflet de ce qui se passe. Il y a un avantage à ce que le marché fonctionne. Si le nombre de décès continue de baisser en Italie, par exemple, il va y avoir une réaction en Bourse, affirme-t-il. Si le plan américain de relance est accepté, les gens auront confiance.»

«D’un autre côté, quand ça baisse de façon importante, ça crée de la nervosité. Des gens à quelques années de la retraite voient leur fonds de retraite fondre. Sur la question de la fermeture des Bourses, je n’ai pas une opinion très tranchée. On pourrait peut-être réduire les heures des transactions.»