Les employés de Défi Polyteck étaient très heureux de reprendre le travail.
Les employés de Défi Polyteck étaient très heureux de reprendre le travail.

Reprise progressive réussie chez les manufacturiers

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Sherbrooke — La relance progressive des entreprises manufacturières s’est déroulée rondement et dans un climat de confiance pour la grande majorité des employés.

« Notre quart de travail a commencé très tôt, à 7 h ce matin. Le directeur d’usine, les ressources humaines et le contremaître étaient sur place. La journée a commencé avec une formation de base pour tous les employés qui devaient aussi signer un formulaire pour s’engager à respecter les mesures sanitaires mises en place », souligne Yan Sinclair, président de Logiflex, qui compte deux usines.

« On a une belle collaboration de la part des employés qui sont majoritairement contents de revenir au travail et qui ne se sentent pas inquiets. On a beaucoup d’espace dans nos usines alors la distanciation ne sera pas un problème. Le retour s’est fait sur une base volontaire et seulement quelques-uns ont préféré attendre avant de revenir », souligne M. Sinclair, précisant que 110 employés ont été rappelés sur les 260 au total, incluant l’administration.

« Pour les usines, on parle de 70 employés rappelés sur un total de 175 », note le président de Logiflex, ajoutant que les visières sont populaires chez les employés d’usine.

L’usine de mobilier de bureau qui roule normalement sur trois quarts de travail débute ses activités seulement avec le quart de jour. « Pour le mois de mai, on restera avec un quart de travail pour l’usine de mobilier de bureau, à l’exception d’une portion de l’usine qui fonctionnera aussi avec un quart de soir et de nuit, mais avec une équipe réduite. L’usine de fauteuils a toujours un seul quart alors ça demeurera ainsi », résume M. Sinclair.

La direction de Défi Polyteck, entreprise adaptée employant des travailleurs ayant des limites fonctionnelles, avait été plus rapide que le gouvernement Legault pour la fermeture de son usine.

« Deux ou trois jours avant que le premier ministre Legault mette le Québec sur pause, nous avions déjà décidé de fermer l’usine pour protéger nos employés qui, pour la majorité, viennent au travail en transport en commun. Leur autobus pouvait contenir vingt, voire trente passagers. C’était avant les nouvelles normes », souligne le directeur des ventes et du marketing, Benoît Longpré, ajoutant que l’entreprise s’était assurée préalablement que cette fermeture ne nuirait pas à leur clientèle.

Puis après quatre semaines d’arrêt, l’usine a repris, de façon progressive, ses activités puisque certains de ses clients avaient été jugés comme essentiels. Des plexiglas ont été installés près de certains postes de travail, des marques ont été établies, des heures d’entrées décalées ont été fixées, chaque déplacement est supervisé. 

« Nos employés avaient très hâte de revenir travailler pour sortir de chez eux. Certains ont même demandé qu’on remercie les clients qui leur permettaient de rentrer à l’ouvrage. Ils avaient cette appréciation », note M. Longpré, avouant que pour quelques-uns, une minorité, le niveau d’anxiété était un peu plus élevé que normalement.

« Le contexte est difficile, mais on a essayé de garder nos employés bien informés », ajoute le directeur, précisant que le 25 mai, l’ensemble des 150 employés seront de retour au travail.