La femme d’affaires Annie Nadeau conçoit des étiquettes durables et colorées pour identifier les articles des enfants.

Rentrée scolaire: l'art de l’étiquette

Quand Annie Nadeau a reçu il y a quelques années la liste de matériel scolaire pour son fils Loïc, qui entrait à la maternelle, elle a vu — comme bien des parents —, tout ce qu’il y avait à étiqueter: de (chaque!) crayon aux cahiers, en passant par le sac d’école et les vêtements.

Pas de problème, a-t-elle pensé, puisque son conjoint Jonathan Bourbonnière est copropriétaire de l’entreprise Étiquettes Multi-Action. Mais quand elle lui a demandé des étiquettes à la fois résistantes et belles, il ne pouvait pas l’aider.

Mme Nadeau s’est donc mise en tête de les fabriquer elle-même. Elle a sorti ses crayons et s’est mise à travailler sur des prototypes. Elle a toujours aimé dessiner, sa mère et sa sœur peignent. Le talent court dans la famille semble-t-il.

Infirmière de formation, Mme Nadeau a délaissé le domaine de la santé après la naissance de Loïc. Il était devenu évident que ses horaires occupés et ceux de son conjoint, très chargés comme chef d’entreprise, ne convenaient pas à la vie de famille. Elle a donc prolongé son congé de maternité et a eu la petite Juliette entre-temps. Les jeunes ont maintenant 11 et 9 ans.

Son projet est donc devenu au fil du temps son nouveau travail et une entreprise à part entière, Colle à moi. Après deux ans de «recherche et développement à la maison», à tester différents produits, elle avait enfin en main un résultat satisfaisant.

«On a vraiment fait beaucoup de tests. Ma vaisselle était très drôle à voir. Les vêtements aussi. J’ai encore des linges à vaisselles avec des étiquettes dessus de la première génération», rigole la femme d’affaires.

Faire amende honorable

Quand Annie Nadeau a vendu ses premières étiquettes en juillet 2014, elle promettait qu’elles étaient à l’épreuve du lave-vaisselle. Finalement, elles étaient un peu moins résistantes que prévu. La femme d’affaires a réussi à corriger la situation. Elle a renvoyé les produits améliorés à tous ses clients.

«Je me disais: “De quoi j’ai l’air, je vends quelque chose qui n’est pas au point”», relate-t-elle. Mais les clients, au contraire, ont apprécié qu’elle fasse amende honorable. «Ils me récrivaient: “Tu vas aller loin dans ton entreprise, parce que c’est comme ça qu’il faut réagir.”» Certains d’entre eux continuent à passer des commandes.

«C’est un peu ça être en affaires. C’est de savoir se relever parce que c’est sûr qu’un jour ou l’autre, on a des petites bévues.» Les étiquettes ont d’ailleurs une garantie de satisfaction.

Mme Nadeau est contente de dire aujourd’hui qu’elle fabrique ses étiquettes à 100 %. Elle utilise entre autres du vinyle pour faire sa «recette secrète», les imprime et les découpe à l’aide de son équipe. Ils sont jusqu’à sept employés à temps plein pendant la saison haute, de mai à août, et trois à temps partiel le reste de l’année.

Croissance

L’entreprise a le vent dans les voiles, dit-elle, alors qu’elle double de volume chaque année. Elle atteindra bientôt les 100 000 ensembles vendus. Mme Nadeau a réussi à récupérer les 50 000 $ investis pour lancer l’entreprise. «Il faut avoir confiance en son produit et en ses idées et là tu plonges.»

Elle a maintenant atteint son autre objectif, soit d’accoter son salaire d’infirmière. Son entreprise a même attiré l’attention de l’émission Dans l’œil du Dragon, mais elle a décliné l’invitation.

«J’étais confiante dans mon affaire et je ne voulais pas partager ma petite entreprise qui allait déjà très bien», explique-t-elle. Et son mari agit déjà comme mentor.

Ces étiquettes sont évidemment plus chères que leur équivalent en papier. Elles sont toutefois plus durables. Mme Nadeau affirme toutefois que les prix de Colle à moi sont les moins chers pour ce genre d’étiquettes. Il faut compter environ 23,95 $ plus taxes pour 134 étiquettes de différents formats. On peut aussi choisir des ensembles de 216 (29,95 $) ou 320 (39,95 $), ou encore choisir à la page (6 $, cinq pages minimum).

Des étiquettes spécialement conçues pour les vêtements, que l’on colle à l’aide d’un fer à repasser, sont aussi proposées. On peut immédiatement voir le look des étiquettes personnalisées sur le site.

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DIFFICILE CONQUÊTE ANGLOPHONE

«On expédie partout et la livraison est gratuite. Ça aussi c’est un avantage pour conquérir le monde.» 

Déjà, Colle à moi a envoyé des commandes à Dubaï (Émirats arabes unis), en Alaska (États-Unis), au Yukon, en Suisse, notamment, bien que ça reste marginal. La clientèle vient en grande majorité du Québec. Sa fondatrice Annie Nadeau souhaite maintenant percer du côté anglophone. Mais pour une raison qu’elle ignore encore, peut-être en raison de la compétition plus féroce, elle trouve difficile de faire sa place. Ah, les deux solitudes!

Mme Nadeau compte aussi tenter des approches pour faire des partenariats avec des garderies ou des centres pour personnes âgées, qui pourraient profiter de ses produits.

Parmi ses autres projets à venir, Colle à moi pourrait dévier de ses étiquettes pour créer des petites épinglettes de métal, qu’on peut par exemple accrocher sur les sacs à dos. Encore là, le but sera de servir à l’identification, confirme-t-elle.