Les actifs de Protec-Style à Granby ont été rachetés par un groupe de quatre investisseurs qui souhaitent relancer la filière de l’asclépiade.

Rachat des actifs de Protec-Style: des projets pour l’asclépiade

La filière de l’asclépiade reprend vie. Les actifs de Protec-Style, qui a déclaré faillite en octobre dernier, ont été rachetés par Monark Eco Fibre, une nouvelle entreprise formée par quatre investisseurs, membres du réseau Anges Québec.

« C’est une bonne nouvelle, surtout pour les producteurs agricoles qui ont investi tellement de temps, d’argent et d’efforts pour développer une culture qui n’existait pas », a affirmé jeudi en entrevue à La Voix de l’Est le président de Monark Eco Fibre, Chafic Zakaria. 

Lui et ses partenaires financiers se sont entendus avec les agriculteurs de la coopérative Monark pour relancer la filière de l’asclépiade, initiée à l’origine par François Simard. La Coop Monark a repris les installations d’extraction de la fibre à Saint-Tite, tandis que le quatuor d’investisseurs s’est porté acquéreur des équipements de transformation de l’usine de Granby. 

Un isolant textile, utilisé dans des manteaux de Quartz Co., a été développé à partir de cette plante, aussi baptisée soie d’Amérique.

« Nous voulons valoriser la fibre d’asclépiade et la transformer en produits qui seront commercialisables aussi bien dans le marché de l’isolant technique, qui existe déjà, que dans celui du fil et des textiles, que nous aimerions développer. Il pourrait y avoir de nombreuses applications, notamment dans les vêtements et la literie », affirme le président de Monark Eco Fibre.

Expertise 

L’investissement entraîné par ce projet n’est pas dévoilé. Les quatre investisseurs ont puisé dans leurs « fonds personnels » pour créer la nouvelle entreprise qui a racheté les actifs de Protec-Style, explique Chafic Zakaria. 

Ce dernier et Antony Acciarri, qui agira comme chef de la direction financière, seront davantage impliqués dans la relance. Ils ont aussi pour partenaires d’affaires, Jean-François Grenon, Ange de l’année 2015 chez Anges Québec, et Claude Lafleur, ex-chef de la direction de la Coop fédérée. 

L’expertise de M. Lafleur dans le milieu agricole sera mise à profit, précise M. Zakaria. « Il va être un atout essentiel pour la réalisation de la filière de l’asclépiade, depuis la production agricole jusqu’à la transformation », souligne-t-il.

« Nous nous donnons les moyens financiers que ce projet mérite. »

Chafic Zakaria

Chafic Zakaria possède lui-même une expérience importante dans le secteur du vêtement. Il a dirigé durant près de 30 ans une entreprise spécialisée dans l’importation de vêtements pour enfants. Il a vendu cette entreprise il y a trois ans. « Je ne pensais pas vraiment m’impliquer à ce point-là. Mais je me sens comme un poisson dans l’eau dans le monde du textile. Et les applications sont dans le monde du textile notamment. Ça se prête bien », fait-il valoir. 

Lui et ses associés entendent ainsi se donner toutes les chances de réussir. « Un des plus grands problèmes que les start-ups rencontrent est souvent le manque de fonds. Nous nous donnons les moyens financiers que ce projet mérite et l’expertise à tous les niveaux : agricole, extraction, transformation et mise en marché », affirme le président. 

Nouvelle usine

En principe, les installations de Granby devraient reprendre vie au début de l’année 2018, entre autres afin d’être en mesure de répondre à la demande de Quartz Co. 

Les dirigeants de Monark Eco Fibre souhaitent travailler de concert avec leur voisin de porte rue Bernard, le CITÉ (Carrefour d’innovation en technologies écologiques), pour développer les nouvelles applications souhaitées. 

À moyen terme, la construction d’une nouvelle usine de transformation pourrait être envisagée, avance Chafic Zakaria. « À Granby, c’est une chaîne pilote qui se dédie à la recherche et au développement. Ça peut nous mener jusqu’à un certain point. Mais quand le produit aura été conçu, stabilisé et optimisé, nous passerons à la vitesse supérieure, qui impliquera la construction d’une usine », dit-il. L’emplacement de celle-ci n’a toutefois pas encore été déterminé.

Le président de la coopérative Monark, qui regroupe près d’une centaine de sociétaires agriculteurs, Daniel Allard, est heureux de la tournure des choses. « On a passé un mois à discuter avec différents groupes et il y en a un qui s’est démarqué par sa capacité de mener ce projet-là à terme. C’est encourageant ! (...) Ensemble, on forme une filière complète avec une entreprise commune, de façon à travailler en synergie, à produire ce que ça prend et à valoriser les récoltes », dit-il. 

Le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent s’est aussi réjoui jeudi du rachat des actifs de Protec-Style. « On espérait que les activités reprennent à Granby », a-t-il affirmé en soulignant qu’il doit justement rencontrer les dirigeants de Monark Eco Fibre la semaine prochaine.